Le Linceul de Turin

Y a-t-il recoupement entre les 3 reliques du Christ: Linceul de Turin, Tunique d'Argenteuil, Suaire d'Oviedo ?

Suaire de Turin


Tunique d'Argenteuil lors de l'ostension de 1983


Suaire d'Oviedo


La Revue internationale du Linceul de Turin revient sur les thèses des Russes Ivanov et Kouznetsov.
Selon Monsieur Georges Salet, le réchauffement du linge par l'incendie de 1532 ne pourrait expliquer les rajeunissements apparents de onze siècles pouvant démontrer la datation tardive du carbone 14 en 1988. Georges Salet reprend en cela la même démonstration théorique et technique de son article dans le n° 3 de la même Revue internationale du Linceul de Turin.

J'ai téléphoné au Père Jean-Baptiste Rinaudo, spécialiste du nucléaire, qui suit de près tous les aspects de la question. Au Congrès de Turin, m'a-t-il précisé, M. Mario Moroni et son équipe scientifique ont poursuivi des vérifications sur les terrains technique et pratique. Selon leurs premiers tests, le réchauffement d'un tissu ne lui donne un rajeunissement apparent que d'un siècle environ: ce qui serait tout à fait insuffisant pour expliquer l'erreur des tests de 1988. En revanche, ils ont poussé une nouvelle expérience surprenante. Ils ont soumis à une chaleur comparable à celle de l'incendie de 1532 le tissu d'une momie égyptienne (que Jacques Evin avait datée de 160 avant Jésus-Christ). Ils avaient procédé à deux tests différenciés. Ils avaient soumis à une chaleur comparable à l'incendie de 1532 un premier morceau de lin: tel quel, le rajeunissement avait été insignifiant, de l'ordre d'un siècle. Le second morceau de lin avait été irradié avant d'être soumis à la chaleur et le rajeunissement était de plus de dix siècles. Si donc le Linceul de Turin a été irradié au matin de Pâques 30, selon l'hypothèse du Père Rinaudo, il pourrait avoir subi un rajeunissement considérable. Et l'hypothèse de Kouznetsov reste probable. Mais pourquoi cette différence entre le lin irradié et le lin non irradié ? C'est que le tissu irradié aurait été enrichi en sites d'accrochage du gaz carbonique et par du carbone 14.


Tunique d'Argenteuil

On reparle à nouveau de la Tunique d'Argenteuil, donnée par l'impératrice Irène de Constantinople à l'empereur Charlemagne en août 800, quand elle envisageait un mariage avec lui, et par lui confiée au monastère d'Argenteuil, proche de Paris, que dirigeait sa fille, l'Abbesse Theodorade. Ce serait la tunique sans couture dont le Christ fut dépouillé au pied de la Croix. Selon les études du Père François le Quéré, Saint Pierre, probable dépositaire du linceul et du suaire enveloppant le visage (Jean 20, 7 et l'Evangile apocryphe des Hêbreux), aurait emmené ces linges à Jaffa, avec la tunique, quand il se réfugia chez Simon le corroyeur après la persécution qui le chassa de Jérusalem vers l'an 36. Et c'est là que la tunique fut retrouvée en 590-591, au témoignage de Frégédaire + 660 (Act 10, 6; François Le Quéré, la Sainte Tunique d'Argenteuil, Ed. de Guibert, 1997, et ses conférences ultérieures). Le tissu est antique et porte de nombreuses taches de sang humain. Des recherches entreprises en 1890-1892 et 1932-1934 ont confirmé qu'il s'agit bien de sang humain, mais dans un êtat qui ne permet pas d'identifier le groupe sanguin. Le COSTA (Comite pour la Sainte Tunique d'Argenteuil) a repris la recherche. Il a reuni à Argenteuil, le 14 novembre 1998, une première table ronde où le CIELT était représenté par Messieurs Alonso et Marion. D'autres spécialistes représentaient le CSST le TSCC, (USA) et l'EDICESES ainsi que Madame Flury-Lemberg, l'expert suisse des tissus anciens, et l'abbé Le Quéré, auteur d'un premier livre sur la Sainte Tunique d'Argenteuil, Selon l'étude comparative, poursuivie depuis 1934 et récemment intensifiée, les taches de sang de la tunique correspondent à celles du Linceul. La confrontation des taches aux épaules et dans le dos conduit à l'hypothèse que le supplicié du Golgotha aurait porté non seulement la poutre transversale, mais la Croix tout entière. C'est le résultat de plusieurs tests convergents avec simulation et méthodes informatiques dont les résultats vont dans le même sens: la correspondance exacte des blessures semble être un argument essentiel en faveur de l'authenticité des deux reliques qui auraient bien enveloppé le même homme: Jésus de Nazareth. On imagine d'ailleurs difficilement qu'un faussaire ait pensé à mettre en relation de façon aussi parfaite les deux objets transmis de manière tout à fait indépendante. Ces travaux seront exposés et illustrés dans un ouvrage intitulé Jésus et la science, la vérité sur les reliques du Christ, encore en préparation. Le CIELT n'indique ni l'auteur ni l'éditeur. Les équipes scientifiques sont retardées dans leurs travaux, faute d'être autorisées é tester sur la relique elle-même. Ils n'ont pu obtenir de l'évêque de pontoise l'autorisation de faire de nouvelles photos, mais ont pu heureusement retrouver les photos à l'infrarouge faites par Gérard Cordonnier en 1934. A l'issue de la réunion du 14 novembre 1998, ils ont décidé de créer un conseil scientifique international pour tenter d'obtenir des autorités religieuses compétentes l'accès à la relique afin de réaliser leur programme de travail et des normes de moyens de sécurité pour la conservation du précieux tissu qui fut volé pendant plusieurs mois, du 13 décembre 1983 à février 1984. Le Comité souhaite une ostension solennelle en l'an 2000. Cette ostension pourrait coïncider avec celle du Linceul de Turin: du 26 août au 22 octobre de l'an prochain. Mais tout cela dépend de l'évêque du lieu (Pontoise) jusqu'ici réticent. J'ai fait cette objection: - Pendant la Révolution, le prêtre qui sauva la Tunique l'avait découpée en morceaux, pour les confier à des chrétiens sûrs. La Tunique n'est donc plus sans couture, comme dit l'Evangile (Jean 19, 23). Est-on sûr que les trois morceaux ont été recousus correctement ? Question fondamentale pour la confrontation des taches de sang. - Oui, m'a répondu M. Winfried Wurmeling, secrétaire général du Costa, car le principal (le haut de la tunique: col, épaules, manches, etc.) avait été découpé en grands morceaux dont l'assemblage allait de soi. Le bas de la Tunique avait été coupé en plus petits morceaux dont beaucoup ne sont pas revenus et ont été cédés, y compris aux papes à Rome. Il y a donc là une hypothèse sérieuse qui mérite vérification. Mais il faudrait pour cela l'accès direct à la Tunique.


Suaire d'Oviedo

Une 3e relique, également fort ancienne, est aussi l'objet de recherches poussées : le suaire d'Oviedo (en Asturie, au nord de l'Espagne).
Ce serait non plus la tunique, tirée au sort au Golgotha, ni le Linceul mortuaire du ressuscité, mais le Suaire (Soudarion : Jn 20, 6), c'est-à-dire le linge qui couvrait le visage, selon la Tradition et l'Evangile même, mais non la mentonnière qui attachait la mâchoire et dont on pense avoir retrouvé la trace latérale sur le Linceul. Attesté par un pélerin dès 570, le suaire fut conservé à Jérusalem jusqu'en 614, il fut transféré à Alexandrie à l'arrivée des musulmans et parvint à Oviedo par l'Afrique puis Séville et Toléde (711). Il donne lieu à des ostensions depuis le XIIIè siècle. Les traces de sang correspondent à celles du linceul. On a objecté: le sang du visage n'a pu être imprimé à la fois sur le Linceul et sur le Suaire d'Oviedo. L'hypothèse qui accorderait tout, c'est que le Suaire d'Oviedo aurait été posé sur le visage du Christ pendant le transport au tombeau. Et c'est alors qu'il aurait été marqué de taches de sang analogues. Le sang a été vérifié par des tests scientifiques. Il est du même groupe sanguin (AB) que le sang du Linceul. Et il y a des correspondances entre les taches du visage sur ces deux reliques. L'étude minutieuse a identifié toutes les taches de sang, leur formation successive et la position de la tête à chaque moment (Rapport de Barta, du groupe EDICES, ou la table ronde d'Argenteuil le 14 novembre 1998)1.
Le Congrès des 5-7 mai 1999 Les études comparatives qui battent leur plein, par l'initiative privée de chrétiens et de scientifiques avertis, à l'approche de l'an 2000, vont donner lieu à un important congrès tenu à l'université du Latran, à Rome, les 6, 7, 8 mars 1999 sous le titre : Rencontre internationale sur les reliques du Christ. De la passion ˆ la Résurrection. Deux mille ans de témoignages silencieux. Vingt exposés suivis de discussions y seront tenus sur les trois reliques, dont 2 sur le saint visage d'Oviedo et 2 sur la Tunique d'Argenteuil, le 7 mai. Fait nouveau, trois cardinaux de premier plan y prennent parole : – Le Cardinal Ruini, vicaire du Pape pour le diocèse de Rome et Président de la conférence épiscopale italienne. – Le Cardinal Moreira Naves, ancien Président de la Conférence brésilienne préfet de la Congrégation des évêques et en bonne place parmi les papabili. – Et le Cardinal-archevque de Prague. Par ailleurs, Madame Bénédicite de Dompsure prépare une thèse universitaire d'Etat à la faculté de Lyon III avec le professeur Demotz, médiéviste, sur les reliques du Christ conservées à Constantinople, des origines à 1500, selon tous les témoignages afférents, y compris le fameux codex Pray.
Une étape comparative Les chercheurs des équipes mentionnées sont à divers degrés convaincus de l'authenticité des 3 reliques, mais il serait prématuré de conclure. Les convergences sont suggestives et stimulantes. Mais bien des vérifications ou tests complémentaires restent à faire et des objections à examiner. Un des groupes de recherche, le Gerralt (Groupe d'études et de recherches Rhône-Alpe sur le Linceul de Turin) pense avoir trouvé des documents qui excluraient l'identification du Linceul avec le fameux Mandylion d'Edesse aujourd'hui disparu: selon des voyageurs du XIIè siècle, le Mandylion d'Edesse sur lequel on voyait son visage et le linteum, c'est-à-dire le linceul: empreinte de son corps, étaient conservés à Constantinople en deux endroits différents: ils ne peuvent donc être identifiés. Ce serait donc un maillon exclu pour le curriculum du linceul, attesté à partir du Xè siècle, alors que le Mandylion aurait couvert les origines.
Scandale ou édification ? Beaucoup se scandaliseront de ces recherches: ils les soupçonnent de superstition, fétichisme et matérialisme. Certes, l'essentiel est le spirituel. Mais les théologiens de la foi sans religion sont affligés d'une philosophie qui entame plus ou moins l'incarnation et la résurrection du Seigneur et la foi s'asphyxie, sauf chez ceux qui sont capables de vivre dans la nuit obscure selon Saint Jean de la Croix. Mais combien de chrétiens en sont à ce stade? Et faut-il épaissir cette nuit ? Dès les origines, les chrétiens avaient plus ou moins cette devise: Pevisibilia ad invisibibilla. Par les signes visibles à l'invisible Trinité. L'Incarnation du Fils de Dieu, Jésus-Christ, a laissé des traces de toutes sortes sur la terres: écrites, archéologiques et autres faits nouveaux dont j'ai fait le bilan dans La Vie authentique de Jésus-Christ. Pourquoi s'acharner à les nier ou à les effacer? Pourquoi culpabiliser les scientifiques moins complexés qui les étudient. La participation active de ces cardinaux de premier plan au Congrès de Rome manifeste en tout cas que ces études ne sont plus marginales dans l'Eglise. C'est pourquoi j'ai changé mes plans pour suivre ce congrès des 6-8 mai prochains qui fixe l'attention des scientifiques chrétiens et non chrétiens.
Rétractation Le Cardinal Ballestrino, Custode du Linceul de Turin, avait confirmé la date tardive assignée par le test de carbone 14, le 13 octobre 1988. "La science a parlé", disait-il alors. Par la suite le Cardinal a saisi des anomalies qui avaient présidé à la réalisation du test, il s'est rendu à cette nouvelle évidence, il a même reconnu s'être hâtivement prononcé en 1988 sous la pression de requêtes des plus insistantes "venant de groupes indéniablement suspects". Le CIELT orne cette dernière et honnête confidence d'une "mitre de deuil" (XIXe siècle).
René Laurentin
Le Congrès international sur le suaire d'Oviedo (1994) a été suivi de nombreuses études, notamment celles du Dr Baimo-Bolloré (La sépulture du messie - 1997) et de Mark Guscin (The Oviedo Cloth - 1998).


Le Saint Suaire face à la Science :




Prière au Saint-Suaire

Enrichie de nombreuses indulgences, entre autres de l'indulgence plénière.
Accordée par le Pape Clément VIII

O Dieu qui nous avez laissé les Vestiges de votre Passion sur le Saint-Suaire, dont votre corps fut enveloppé par Joseph d'Arimathie, à la descente de la Croix, accordez nous, dans votre Miséricorde, que par votre Mort et votre Sépulture, nous arrivions à la gloire de la Résurrection. Ainsi-soit-il.
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