Portrait de Marthe Robin


Jean Guitton, de l'Académie Française, commence ainsi son livre:

Qui était la femme dont je fais le portrait ?

- Une paysanne de France qui recevait dans sa maison : qui pendant trente années n'a pris aucune nourriture, aucune boisson ; qui était stigmatisée, souffrant chaque vendredi les douleurs de la Passion ; qui fonda sur toute la terre soixante «foyers de charité»; qui fut sans doute l'être le plus étrange, le plus extraordinaire le plus déconcertant de notre époque; qui, en ce siècle de télévision, demeura inconnue du public (sauf le jour de sa mort), ensevelie dans un profond silence.



A une époque où il est de bon ton de vilipender tout ce qui touche au surnaturel, nous nous réjouissons que l'un des plus grands esprits de notre temps ait mis son talent et sa sensibilité au service de Dieu en traçant le « portrait » de Marthe. En avant-première, nous vous proposons un dialogue entre Marthe et l'écrivain

... je tentai de me renseigner sur ses expériences, sur ce que j'appelais: la «phénoménologie» mystique.

C'est tout à fait différent de ce que vous imaginez. C'est plus évident que votre présence ici. Jadis, quand j'avais des visions sur la Passion, je pouvais reconnaître tel ou tel visage sur le passage de Jésus ; j'entendais même les hurlements de la foule. Maintenant, je suis plus intérieure, je suis tout intérieure ; je ne vois plus rien ; je communie au fond. J'ai quitté les attributs ; je m'enfonce dans l'Essence.

Mais puis-je vous poser encore une question ? Vous n'êtes pas arrivée à l'Essence (comme vous dites) tout d'un coup. Il y a eu un itinéraire, un chemin, une montée, comme on le dit dans les livres de mystique, ainsi chez Sainte Thérèse d’Avila et chez Saint jean de la Croix.

Je n'ai jamais lu ces livres. D'ailleurs je n'aime pas lire. J'ai eu des visions d’images, où je voyais les choses hors de moi; il y avait en moi une angoisse ! Dans ces affaires-là, on n'est jamais absolument sûr. Pourtant il y a des cas où il y a certitude, je dirais même évidence; c'est quand Dieu opère ce qu'Il fait; alors, Dieu fait tout.

Au début, j'avais des doutes, parce que j’étais encore dans les images. J'ai outrepassé ces images; maintenant je suis, je vous répète, dans les attributs. Et même si j'ose dire, j'ai quitté les attributs de Dieu pour m'enfoncer dans ce que vous appelez l'Essence. J’ai même fait un progrès à l'intérieur de cette Essence.

Permettez-moi de vous poser une question indiscrète, mais banale. Avez-vous dans vos expériences l'impression que votre âme se détache de votre corps ?

On ne peut pas dire que l'âme soit détachée du corps ; elle est emportée ; c'est étrange. Dieu se manifeste d’abord par la crainte. C'est si nouveau, si inexprimable ! Puis on passe à une paix qui est un état, qui est au-delà du temps. On ne peut pas dater, on ne peut pas savoir à quel moment cela s'est produit. Je ne sais pas comment vous dire… C'est hors de soi et c'est en soi. On est emporté. On a beau résister, on est emporté dans l'amour. Pas nécessairement : cela peut se faire ou ne pas se faire. Par exemple, il m'arrive de communier et de sentir un renouvellement, mais encore une fois pas nécessairement, parce que cela m'arrive aussi hors de la communion.

Je tentai de lui parler des « phénomènes » qui sont liés au mysticisme : les visions, les extases, la lévitation, la lecture des pensées, etc. J'insistai sur le phénomène de « l'anneau d’or » qui consiste en ce que le mystique croit voir un anneau d’or à son annulaire.

Ces choses, oui, je les ai connues : C'est superficiel. Il faut dépasser tout cela sans faire tant d'histoires. Vous me parlez de l'anneau d’or. Je l'ai vu à mon doigt, je crois, une douzaine de fois. Mais laissez-moi vous dire que, s'il est bon de l'avoir, c'est encore mieux de ne pas l'avoir. Ce que vous appelez la vie mystique, elle est en vous aussi bien qu'en moi. Cela consiste à tenter d'être un avec Jésus.

Parlons d’autre chose. Nous nous ressemblons : vous êtes cloué à la pensée comme moi je suis clouée à la douleur. Eh bien ! Il faut tâcher de nous déclouer, de nous distraire.

Mais quelle heure est-il ? Pour moi, c'est toujours la nuit, et c'est toujours la douleur.

Avec l'autorisation des Éditions Grasset








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