Côte d’Ivoire: la basilique de Yamoussoukro a célébré son 20e anniversaire




En Côte d’Ivoire, le dimanche 12 septembre 2010, 7000 personnes se sont regroupées en la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, pour le vingtième anniversaire de saconsécration par le Pape Jean-Paul II.
Le gigantesque édifice religieux, premier sanctuaire chrétien de toute l’Afrique, culmine à 149m et se veut une réplique de la basilique Saint Pierre de Rome.

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La messe, présidée par le recteur de la basilique, le Père Stanislas Skuza, a été célébrée en la présence du représentant du pape Benoît XVI, le cardinal nigérian Francis Arinze, du chef de l’Etat Laurent Gbagbo, des autorités politiques et administratives de la capitale et d’une vingtaine d’évêques ivoiriens.

« La basilique Notre Dame de la Paix a été érigée par feu le président Houphouët-Boigny, en reconnaissance pour la paix en Côte d’Ivoire. Il voulait que ce sanctuaire soit pour le monde entier et particulièrement pour le peuple de Côte d’Ivoire, un signe, un appel à la paix. Aujourd’hui, la situation de crise profonde que la Côte d`Ivoire a traversée nous interpelle. La basilique Notre Dame de la Paix est sur notre terre, nous avons le devoir d’être des artisans et des messagers de paix pour le monde entier », a affirmé le père Skuza dans son message de bienvenue.
Depuis 2002, le pays est plongé dans une grave crise. Les catholiques représentent environ 15% de la population.





Entretien avec Mgr Marcellin YAO KOUADIO, évêque de Yamoussoukro depuis le 22 août 2009.

mgr_yao-kouadioMonseigneur, comment se portent les catholiques de Côte d’Ivoire ?
Le peuple de Dieu vit sa relation au Christ au quotidien, par des retraites, par la participation aux messes dominicales. L’Eglise de Côte d’Ivoire se porte très bien, mais nous devons donner une formation adéquate, une formation appropriée à notre peuple. Voilà le principal défi de l’Eglise ivoirienne.

Quelles sont les principaux obstacles à ce défi ?

La principale difficulté est financière. L’éducation est primordiale. Nous devons former nos catéchistes, nos collaborateurs, les jeunes qui rentrent au noviciat et enfin les prêtres, par la formation continue. Se spécialiser représente toujours un coût, c’est une préoccupation pour nous, car les moyens ne suivent pas toujours.

Les vocations sont-elles nombreuses ?

Elles abondent ! Preuve en est que nous sommes passés en quelques années d’un seul grand séminaire national, à quatre grands séminaires, deux de philosophie et deux de théologie.

Vous avez fêté récemment dans votre diocèse, le 20e anniversaire de la basilique Notre Dame de la Paix. L’envoyé spécial de Benoît XVI, le cardinal Francis Arinze a appelé à « un réarmement spirituel ». Quelles pourraient en être les conditions?
Nous devons passer de la religiosité populaire à une foi approfondie, pour que chaque communauté, chaque chrétien soit capable de donner les raisons de sa foi et de justifier son engagement à la suite du Christ.
Nous avons des zones entières, des villages entiers où il n’y a pas de chrétiens. C’est une réalité nationale. L’Eglise de Côte d’Ivoire doit passer par la porte étroite de l’évangélisation et de la mission. Dans mon diocèse, sur 19 paroisses, j’ai trois curés missionnaires français et italiens. Tous les autres sont des prêtres du pays. Face aux besoins, le nombre de prêtres que nous avons aujourd’hui ne suffit pas. Dans certaines paroisses de mon diocèse, les curés sont tout seuls, ou bien ils se retrouvent à deux, le curé et son vicaire, avec 80 villages ou communautés à visiter.

Quelle peut être l’action de l’Eglise ivoirienne dans la situation socio-politique du pays ? Que préconise-t-elle pour remettre en route le processus électoral ?

La mission de l’Eglise, de tout temps, est la même. Elle est sel et lumière. N’oublions pas que dans un pays comme la Côte d’Ivoire, l’Etat proclame haut et fort sa laïcité. Nous devons annoncer le Christ, comme le demande l’Evangile, à temps et à contre-temps, même en temps de paix. Cela aussi passe par la porte étroite de la formation à donner à nos fidèles pour que, là où ils vivent, là où ils travaillent, ils rayonnent du Christ. Ceux qui sont en politique doivent aussi rayonner du Christ ! L’Eglise a toujours agi et réagi, elle parle. Ce sont sans doute ceux qui doivent écouter qui n’écoutent pas. Pas plus tard qu’en décembre 2009, la Conférence épiscopale a communiqué une lettre pour préparer les esprits en vue des élections. Et ce n’est pas la première lettre du genre que les évêques de Côte d’Ivoire écrivent.

Est-ce que l’Eglise pâtit de l’instabilité politique actuelle, du fait que le pays est divisé entre un sud administré par le gouvernement et un nord contrôlé par les rebelles?

Les chrétiens de Côte d’Ivoire ne sont pas au ban de la société. Quand ça va, ça va pour tout le monde. Quand ça ne va pas, ça ne va pas pour les chrétiens non plus. Il y a les inondations, la guerre, la famine… nous ne sommes pas dans une société différente de celle à laquelle appartiennent les païens, les musulmans, les bouddhistes. Alors quand ça ne va pas, nous souffrons tous.

Une rencontre va avoir lieu à Yamoussoukro du 7 au 13 décembre prochain. Qu’attendez-vous de cette rencontre ?

Jusqu’ici, au niveau de l’espace ouest-africain, la Conférence des évêques francophones a évolué en marge de la Conférence épiscopale anglophone. A Yamoussoukro, nous allons sceller l’union, la fusion des deux conférences épiscopales. L’union fait la force, et nous avons un certain nombre de problèmes en commun : la formation de nos jeunes, la formation du peuple de Dieu, l’évangélisation, le défi de l’inculturation, la promotion humaine… Ensemble, nous serons plus forts pour voir enfin comment relever ces défis et prendre des orientations pastorales précises.

Une question plus personnelle. Vous avez été ordonné prêtre en 1990. Pouvez-vous nous faire part d’un souvenir marquant de votre vie sacerdotale ?

J’ai fait quatre ans de vie paroissiale comme vicaire, ensuite, j’ai fait six ans d’études et tout le reste du temps, j’ai travaillé dans l’administration, dans le domaine de l’enseignement, en tant que directeur diocésain de l’enseignement catholique, directeur national… Je crois que ce passage à l’enseignement catholique m’a fortement marqué parce qu’à ce moment-là, j’ai appris véritablement à gérer les hommes à un niveau autre que le cadre ecclésial. J’ai collaboré avec des personnes de toute religion, de toute culture. Quand on parle d’enseignement privé en Côte d’Ivoire, il faut distinguer l’enseignement privé confessionnel, et l’enseignement privé laïc. J’ai côtoyé toutes ces personnes, ça m’a préparé à affronter ma nouvelle mission d’évêque.


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