Une excellente publication, qui tombe bien.
Émission de Louis Daufresne, le grand témoin.

Mise à l'index de 'L'évangile tel qu'il m'a été révélé' de Maria Valtorta - par Jean-François Lavère

Qu’en est-il de l’œuvre de Maria Valtorta ?

A travers le monde, quelques détracteurs de 'L'Évangile tel qu’il m’a été révélé' utilisent la «mise à l’Index», en 1959, comme principal (pour ne pas dire unique) argument pour en déconseiller la lecture. Ils affirment ou suggèrent à leurs interlocuteurs que cette condamnation prouve le contenu nocif de l’œuvre, allant même parfois jusqu’à déclarer son inspiration satanique (sic !).
Ils repoussent tout en bloc, d’un revers de main : «Circulez, il n’y a rien à voir !».
D’autres, faute d’avoir trouvé le temps d’étudier cette œuvre monumentale, utilisent le procédé grossier qui consiste à extraire une phrase de son contexte, souvent sans même se référer à la version originale. Il leur est alors facile de «démontrer» n’importe quoi. Pendant la dernière décennie des catholiques, principalement nord-américains, furent parfois troublés par ces argumentations primaires et fausses, au point de se détourner de l’œuvre.

Le jugement de l’Eglise

Bien entendu le jugement de l’Eglise sur l’œuvre de Maria Valtorta est très éloigné de cette position simplificatrice, sans nuance, somme toute manichéenne et caricaturale....
Voici quelques uns des éléments qui motivent cette affirmation:

A/ Il n’y a aucun texte officiel de l’Eglise dénonçant des manquements à la Foi ou à la Morale dans l’œuvre de Maria Valtorta. D’ailleurs, si un tel texte existait, les opposants à l’œuvre n’auraient pas attendus depuis 50 ans pour le publier !

B/ A contrario, l’une des premières personnes à lire le manuscrit fut Monseigneur Alfonso Carinci1, Secrétaire de la Congrégation des Rites. Il déclara dès 1949 : «Il n’y a rien dedans qui soit contraire à l’Evangile. Cette œuvre contribue plutôt à une meilleure compréhension de son sens…»

C/ Le futur cardinal Agostino Bea (1881-1968), alors recteur de l’Institut des Etudes bibliques pontificales, confesseur de Pie XII, écrivit en 1952 : «J’ai lu sous forme de manuscrits dactylographiés une bonne part des livres de Maria Valtorta... En ce qui concerne l’exégèse, je n’ai trouvé aucune erreur dans les parties que j’ai lues...»

D/ La mise à l’Index des livres prohibés, en 1959, ne met pas en cause, dans le cas de Maria Valtorta, l’orthodoxie du texte, mais bien plutôt, comme l’a rappelé l’évêque Roman Danylak le 13/2/20022, le fait que la diffusion ait été engagée avant d’avoir reçu l’Imprimatur officiel3.
Or le Cardinal Edouard Gagnon4, dans une lettre datée du 31/10/1987 adressée depuis le Vatican, jugeait comme «étant tout à fait conforme aux exigences du Droit canonique le genre d’imprimatur accordé par le Saint-Père devant témoins»5. Sa thèse de doctorat en Droit canonique sur «La censure des livres : étude historique et juridique des canons relatifs à la censure préalable des livres» 1944, lui confère toute autorité pour porter ce jugement6.
Seul un excès de précipitation, dû à l’enthousiasme des proches de Maria Valtorta pour faire connaître rapidement cette œuvre au plus grand nombre, semble donc être la cause de ce regrettable malentendu.
La notification sur l’abolition de l’Index des livres prohibés, le 14 juin 19667, fit clairement la distinction entre les livres qui furent placés à l’Index en raison de leur caractère condamnable du point de vue moral, théologique ou anticlérical, et les autres œuvres littéraires, tels des écrits sur les révélations privées, qui avaient été publiées sans l’accord préalable des autorités ecclésiales. C’est dans cette seconde catégorie que fut, en son temps, classée l’œuvre de Maria Valtorta.
Il est donc injuste, inexact, et même malhonnête, de sous-entendre ou de laisser croire que la mise à l’Index de L’Evangile tel qu’il m’a été révélé aurait été due à des erreurs concernant la Doctrine de la Foi ou la Morale.

E/ En janvier 1962 une autorisation de publication fut d’ailleurs donnée au père Berti par le vice commissaire du Saint Office, le père Marco Giraudo : «Vous avez notre entière approbation pour continuer la publication de cette deuxième édition de L’Evangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.»... «Nous verrons comment l’œuvre sera accueillie...»1.

F/ Dès 1970, le Père Gabriel Allegra2 fut l’un des grands promoteurs mondiaux de l’œuvre3. Décédé en 1976, il a été déclaré «Bienheureux» par l’Eglise le 23/4/2002. Si l’œuvre qu’il a défendu publiquement4 avait contenu des éléments contraires à la Foi, alors qu’il a affirmé et publié qu’elle n’en comportait pas, il semble improbable que cette prise de position publique n’eût point bloqué le décret de sa béatification !

G/ En 1972 une série de cours basée sur l’œuvre est donnée à la Faculté théologique pontificale Marianum à Rome. Puis en 1973 le père Roschini, conseiller du Saint Office depuis les années 59-60, publie son livre La Vierge Marie dans les écrits de Maria Valtorta. Cela bien entendu avec l’accord tacite des plus hautes autorités de l’Eglise...

H/ Dans une lettre datée du 6 mai 1992 et adressée à l’éditeur E Pisani, Monseigneur Dionigi Tettamanzi, secrétaire de la conférence épiscopale italienne fit comprendre que « la lecture de l’œuvre de Maria Valtorta est permise à tous les catholiques, à la seule condition que ceux-ci ne la considèrent pas d’origine surnaturelle.» Cette réserve, constamment rappelée par l’Eglise en ce qui concerne les révélations privées ou les apparitions, ne saurait être interprétée comme un jugement négatif5.

I/ En Août/Sept 1992 Mgr Roman Danylak, alors Évêque à Toronto, (puis à Rome) a publié un texte très complet de défense de l’œuvre, où il écrit en particulier : «Il n’y avait et il n’y a rien de moralement, théologicalement ou scripturairement condamnable, rien de contraire à l’enseignement de l’Eglise ou opposé à son autorité, dans l’œuvre de Valtorta. C’était la conclusion de plusieurs autorités que j’ai mentionné, de même, aussi, que des censeurs de son œuvre qui furent responsables de l’article de l’Osservatore Romano de 1960 (...) J’ai étudié Le Poème en profondeur, non seulement dans sa traduction anglaise, mais aussi la version originale italienne avec les notes de Fr. Berti (...) J’ai ensuite étudié dans leur version originale italienne les cahiers et les notes de Maria Valtorta des année 1943 à 1950. Et je veux affirmer l’orthodoxie théologique des écrits de Maria Valtorta»6.
Le texte complet figure sur son site Internet7. Cet évêque fournit les sources de ce qu’il affirme, son témoignage est incontestable. Il a confirmé à nouveau son opinion le 13/2/2002 dans un nouvel article détaillé : «je dis qu’il n’y a rien de condamnable dans Le Poème de l’Homme-Dieu et dans tous les autres écrits de Maria Valtorta pour tout ce qui concerne la foi et la morale.»8. Et par la suite, il donna son Nihil Obstat, Imprimatur à un site Internet9 consacré aux écrits de Maria Valtorta ! (C’est peut-être le premier site Internet à posséder un Imprimatur ?)
Ces quelques témoignages non exhaustifs, loin s’en faut, ont été retenus car ils émanent uniquement de personnalités faisant autorité dans l’Eglise.
*
Au début des années 70, l’Eglise constata qu’en raison «des instruments de connaissance actuels, des apports de la science et de l’exigence d’une critique rigoureuse» il devenait «plus difficile, sinon impossible de parvenir avec autant de rapidité qu’autrefois aux jugements qui concluaient jadis les enquêtes en la matière». De nouvelles normes de discernement des révélations furent alors définies par la S. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et approuvées par le pape Paul VI, le 24 février 1978 :
«Afin que l’Autorité ecclésiastique soit en mesure d’acquérir davantage de certitudes sur telle ou telle apparition ou révélation, elle procédera de la façon suivante :
a) en premier lieu, juger du fait selon les critères positifs et négatifs...
b) ensuite, si cet examen s’est révélé favorable, permettre certaines manifestations publiques de culte et de dévotion, tout en poursuivant sur les faits une investigation d’une extrême prudence (ce qui équivaut à la formule : «pour l’instant, rien ne s’y oppose») .
c) enfin, un certain temps s’étant écoulé et à la lumière de l’expérience (à partir de l’étude particulière des fruits spirituels engendrés par la nouvelle dévotion), porter un jugement sur l’authenticité du caractère surnaturel, si le cas le requiert.»
Les quelques rappels et témoignages précédents montrent qu’en ce qui concerne l’œuvre de Maria Valtorta, c’est exactement cette démarche que suit l’Eglise, à son rythme, qui n’est pas le rythme du monde.
Et le constat, c’est que, cinquante ans après sa diffusion, l’Eglise n’a pas condamné le contenu de l’œuvre du point de vue de la Doctrine de la Foi ou de la Morale10, de même qu’elle n’a pas encore porté de jugement définitif sur son éventuel caractère surnaturel.
*
Cette longue mise au point contribuera, espérons-le, à lever les scrupules de certains catholiques qui par obéissance et humilité, ou abusés à leur insu par les affirmations souvent péremptoires de censeurs mal informés, ont pu se détourner d’une œuvre que d’autres considèrent déjà comme un «trésor inestimable de la littérature universelle».
Souhaitons aussi que les censeurs méditent et mettent en œuvre l’exhortation que leur a adressé Mgr R Danylak : «Je recommande vivement que tous les critiques se procurent et étudient L’Evangile tel qu’il m’a été révélé, qu’ils le lisent dans son intégralité et sans communiquer sur des impressions superficielles ou des répétitions d’autres critiques. Ils y trouveront, j’en suis sûr, la paix et la joie, la connaissance plus profonde et plus intime de Notre Divin Sauveur et de Sa Sainte Mère, que moi-même et un nombre incalculable d’autres lecteurs dans le monde, y avons trouvé»11.
En effet, comme tout ce qui concerne l’éducation et la connaissance, cette œuvre forme «un tout» sur lequel il est impossible de porter un jugement loyal avant de s’en être imprégné dans sa plénitude par une lecture à la fois assidue, attentive, critique et exempte de tout a priori.
Et pour clore ce sujet, je fais mienne la parole du bienheureux Gabriel Allegra, qui termina son intervention de 1970 en faveur de l’œuvre12 par ces mots : «Maintenant, sans anticiper le jugement de l’Eglise, que dès à présent j’accepte avec une absolue soumission, je me permets d’affirmer qu’étant donné que le principal critère de discernement des esprits est le mot du Seigneur : A leur fruits vous les reconnaîtrez... (Matthieu 3, 20), et avec les bons fruits que le Poème produit dans un nombre toujours croissant de lecteurs, je pense que cela vient de l’Esprit de Jésus».

1 Responsable du mouvement Adoratio Quotidiana et Perpetua Sanctissimi Eucharistiae Sacramenti inter Sacerdotes Cleri.
2 «The Poem of the Man-God was placed on the index of forbidden books, not because of doctrinal errors, but because it was printed without the required nihil obstat and imprimatur.»
3 Le mot «Imprimatur» signifie : «qu’il soit imprimé». C’est la formule qu’emploie l’autorité ecclésiastique pour indiquer son approbation des livres sur des sujets religieux qui, à son jugement, peuvent être publiés sans porter atteinte aux vérités de la foi et à l’intégrité des mœurs.
4 Alors Président du Conseil pontifical pour la Famille et du Comité Pontifical pour les Congrès Eucharistiques Internationaux.
5 Allusion à la remarque de Pie XII le 26/2/1948. Après avoir pris personnellement connaissance du texte durant 1947, le pape y fut favorable, autorisant la publication de l’œuvre sans rien enlever, pas même les déclarations explicites de rapporter des «visions» et des «dictées». Il n’approuva cependant pas la préface qui parlait d’un phénomène surnaturel, précisant: « Publiez l’œuvre telle quelle. Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront.». Selon L’Osservatore Romano du 27/2/1948, étaient présents alors les Pères Migliorini et Berti, confrères dans l’ordre des Servites de Marie; leur prieur le Père Andrea M. Cecchin; Monseigneur Pasquale Gomez Libretto; le Major Thomas McCraken; Mme Anne Rispel et trois autres personnes. Et aucun de ces dix témoins n’a jamais contesté la véracité de ces propos, lorsqu’ils furent publiés !
6 Rapporté par le Père Ovila Mélançon dans son livre Exorcismes et pouvoirs des laïcs, pages 16 et 17.
7 Notificatio de Indicis librorum prohibitorum conditione, 14 juin 1966: AAS 58 (1966) 445.
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