Que lire de Maria Valtorta ?


Interview de Bruno Perrinet (président de l'association Maria Valtorta) qui nous expose les différents ouvrages de Maria Valtorta, les livres sur Maria Valtorta et ceux écrits à partir de son oeuvre.

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La plus terrible ennemie du diable est la Très Sainte Vierge Marie

Le diable, sachant bien qu’il a peu de temps, et beaucoup moins que jamais, pour perdre les âmes, redouble tous les jours ses efforts et ses combats : il suscitera bientôt de cruelles persécutions et mettra de terribles embûches aux serviteurs fidèles et aux vrais enfants de Marie, qu’il a plus de peine à surmonter que les autres.
C’est principalement de ces dernières et cruelles persécutions du diable, qui augmenteront tous les jours jusqu’au règne de l’Antéchrist, que l’on doit entendre cette première et célèbre prédiction et malédiction de Dieu, portée dans le paradis terrestre contre le serpent. “ Inimicitias ponam...”.
Jamais Jésus n’a fait et formé qu’une inimitié, mais irréconciliable, qui durera et augmentera même jusqu’à la fin : c’est entre Marie Sa digne Mère et le diable ; entre les enfants et serviteurs de la Sainte Vierge, et les enfants et serviteurs de Lucifer ; en sorte que la plus terrible des ennemis que Dieu ait faite contre le diable est Marie...
Non seulement Dieu a mis une inimitié, mais des inimitiés, non seulement entre Marie et le démon, mais entre la race de la Sainte Vierge et la race du démon ; c’est-à-dire que Dieu a mis des inimitiés, des antipathies et haines secrètes entre les vrais enfants et serviteurs de la Sainte Vierge et les enfants et esclaves du diable ; ils ne s’aiment point mutuellement, ils n’ont point de correspondance intérieure les uns avec les autres.
Les enfants de Bélial, les esclaves de Satan, les amis du monde (car c’est la même chose) ont toujours persécuté jusqu’ici et persécuteront plus que jamais ceux et celles qui appartiennent à la Très-Sainte Vierge, comme autrefois Caïn persécuta son frère Abel, et Ésaü son frère Jacob, qui sont les figures des réprouvés et des prédestinés.
Saint Louis-Marie Grignon de Montfort - Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, chapitre 1, article II.

Hiroshima : comment la Sainte Vierge a protégé miraculeusement les jésuites de la bombe atomique


Le 6 août, à 1 h 45, un F 13 A décolle de la base de Tinian pour vérifier les conditions météorologiques au-dessus d’Hirôshima, Kôkura et Nagasaki. A 2 h 45, le B 29 « Enola Gay » décolle de Tinian avec la bombe « Little Boy », recouverte de signatures et d’injures à l’encontre du peuple japonais.

12 hommes dont 4 scientifiques sont à bord de l’avion. A 7 h 52, on annonce que le ciel d’Hirôshima est très dégagé. A 8 h 31, les sirènes hurlent sur Hirôshima, lorsqu’apparaît le B 29 de reconnaissance météo. Mais on ne déclenche pas l’alerte côté japonais, car on pense qu’il s’agit juste d’appareils isolés de reconnaissance.

A 9 h 15, le commandant Thomas Ferebee, bombardier de l’Enola Gay, déclenche le largage de la bombe nucléaire. Elle devra explosée à 555 m au dessus-du sol, pour éviter une radioactivité du sol trop importante. Deux autres B 29 largent leurs instruments scientifiques. 51 secondes s’écoulent entre le largage et l’explosion. Au retour, pendant 500 km, les aviateurs verront le champignon géant, qui en 2 minutes atteint 10 000 m d’altitude.

Au centre de l’explosion, il fait 300 000 degrés celcius. Au sol, 600 m plus bas, 3 000 degrés celsius. Dans un rayon de 3 km, 10 000 immeubles sont détruits par le souffle de l’explosion, 50 000 par les incendies. Hirôshima est alors coupée du monde, le gouvernement japonais ne sera mis au courant qu’en fin de soirée.

Jusqu’à 1 200 m du centre de l’explosion, les victimes meurent instantanément. Au-delà, la peau et les muscles protégèrent temporairement les organes internes. Ce sont les radiations qui finirent le travail, puisque les soldats japonais chargés de ramasser les victimes, moururent en quelques semaines.

Pour en revenir au miracle, lors de l’explosion, un groupe de jésuites missionnaires allemands, fervents adeptes de la prière du Rosaire, furent ainsi épargnés de toute contamination radioactive et de toute destruction alors que leur maison était à 100 mètres du centre de l’explosion (ground zero). La maison typiquement japonaise dans laquelle ils se trouvaient, fut elle aussi épargnée.

Ils moururent bien des années plus tard (le Père Hubert Schiffer vécut jusqu’à l’âge de 63 ans, il était âgé de 30 ans au moment de l’explosion le 6 août 1945).

Bien sûr, quand on essaya de savoir, scientifiquement, comment ils s’en étaient sortis si bien portant, qu’on ne trouva pas pourquoi, et qu’ils expliquèrent que c’était grâce à leur prière quotidienne du Rosaire, les scientifiques ne les crurent pas. Le Père Schiffer dira plus tard : « Ils n’ont toujours rien compris. »

Ils vécurent longtemps, sans perte d’audition ou de vue quelconque dues aux radiations à long terme, ou de maladies inhérentes à l’explosion. « Nous pensons que nous avons survécu parce que nous vivions le message de Fatima. Nous avons vécu et prié le Rosaire quotidiennement dans cette maison. Plus de 55 ans plus tard, les scientifiques sont absolument incapables de fournir une explication plausible».

Les Jésuites expliquent, à juste titre, avoir reçu une sorte de « bouclier de protection » de la Sainte Vierge contre les rayonnements et leurs effets sur le court et long terme. Le même cas se produira à Nagasaki, avec le couvent franciscain de Saint Maximilien Kolbe, où les frères priaient là aussi quotidiennement le Rosaire. Ce qui correspond exactement aux paroles de la Vierge Marie à Saint Dominique et Alain de la Roche « Celui qui se confie en moi par le Rosaire, ne périra pas» , ou encore « Ceux qui propageront mon Rosaire seront secourus par moi dans toutes leurs nécessités ».

Source

Voyez comment Jésus-Christ court après ses brebis égarées - Saint Jean-Marie Vianney

Non content de nous appeler à lui par sa grâce, et de nous fournir tous les moyens pour nous sanctifier, voyez comment Jésus-Christ court après ses brebis égarées ; voyez comment il parcourt les villes et les campagnes pour les chercher, et les ramener dans le lieu de sa miséricorde. Voyez comment il quitte ses apôtres pour aller attendre la Samaritaine auprès du puits de Jacob, où il savait qu'elle viendrait (Jn 4,6s).
Voyez-le dans la maison de Simon le lépreux : ce n'est pas pour y manger qu'il y va mais il savait qu'il y viendrait une Madeleine pécheresse (Mc 14,3). Voyez-le prendre la route de Capharnaüm pour aller trouver un autre pécheur dans son bureau : c'était saint Matthieu, c'est pour en faire un apôtre zélé (Mt 9,9).
Demandez-lui pourquoi il prend la route de Jéricho : il vous dira qu'il y a un homme nommé Zachée, qui passe pour un pécheur public, et qu'il veut aller voir. Afin d'en faire un parfait pénitent, il fait comme un bon père qui a perdu son enfant, il l'appelle : « Zachée, lui crie-t-il, descendez ; car c'est chez vous que je veux aller loger aujourd'hui. Je viens vous accorder votre grâce. »
C'est comme s'il lui disait : « Zachée, quittez cet orgueil et cet attachement aux biens de ce monde ; descendez, c'est-à-dire, choisissez l'humilité et la pauvreté. » Pour bien le faire comprendre, il dit à tous ceux qui étaient avec lui : « Cette maison reçoit aujourd'hui le salut. » Ô mon Dieu ! que votre miséricorde est grande pour les pécheurs !
D'après tout ce que nous voyons que Jésus Christ a fait pour nous sauver, comment pourrions-nous désespérer de sa miséricorde, puisque son plus grand plaisir est de nous pardonner ? De sorte que, quelque multipliés que soient nos péchés, si nous voulons les quitter et nous en repentir, nous sommes sûrs de notre pardon.
Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d'Ars - Sermon pour le 3e dimanche après la Pentecôte

Magnificat en slavon d'Eglise - (très beau cantique)



La particularité de la version orthodoxe est le refrain suivant:

Toi plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins, 
toi qui sans tâche enfantas Dieu le Verbe, 
toi véritablement la Mère de Dieu, 
nous te magnifions.

Interpète: Blagaya vest (Bonne nouvelle), chorale de la famille Avétisyan d'origine arménienne dont les membres (6 filles et 3 fils, tous devenus musiciens, à l'instar de leur parents) habitent Moscou et, outre les concerts, accompagnent les services liturgiques orthodoxes dans les églises de la ville et de ses environs.

A comparer avec le chœur du monastère Sretensky à Moscou : Magnificat (version orthodoxe en slavon)

Reine de France; Priez pour nous !


1 . Venez, chrétiens, de l' auguste Marie
A deux genoux implorer les faveurs ;
Et, pour toucher cette Reine chérie,
Unissons tous et nos voix et nos cœurs.

Refrain

Reine de France
Priez pour nous,
Notre espérance
Repose toute en vous.
Notre espérance
Repose toute en vous.


2 . Priez pour vous, ô Vierge tutélaire,
Car notre esquif menace de sombrer :
Dieu nous punit ; les flots de Sa colère
Montent toujours : Oh ! venez nous sauver !

3 . Quoique pécheurs, vous nous aimez encore
Et votre cœur n'est pas fermé pour nous.
Pitié, pitié, la France vous implore,
Séchez ses pleurs, ô Mère exaucez- nous

4 . Je sens mon cœur renaître à l' espérance,
Quand à genoux j' invoque votre nom ;
Oui, vous viendrez, vous sauverez la France,
Et de Jésus, nous aurons le pardon.

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O Marie, Reine du Ciel et de la Terre, Vous qui avez été sacrée Reine de France, protégez tous Vos enfants, accordez-leur sans cesse Votre soutien maternel, Votre secours en toutes circonstances. Mettez en déroute, avec les Légions Célestes à Vos côtés, les ennemis de la Sainte Eglise, tous ceux qui se moquent des Lois Divines et qui veulent mettre en échec le plan de Salut de Dieu à travers la France. Vierge Marie et Saint Joseph, accordez à tous les Français la force de réagir devant une telle situation d'incroyance et d'impiété. Que la Foi brille à nouveau en France et soit un flambeau de vie et de vérité pour toutes les nations. Reine de France, soyez désormais victorieuse avec les Légions Célestes, avec Saint Joseph et tous les Saints et Saintes de France.

Que la France, Votre Fille, retrouve grâce aux yeux de Votre Divin Fils, que ses péchés, nombreux, lui soient pardonnés et que la Paix, l'Amour et la vraie Liberté, celle qui vient de Dieu et non des hommes, soient à nouveau un modèle pour tous. Reine de France, priez pour nous et venez au secours de tant d'âmes en péril. Reine de France, soyez victorieuse en France et dans le monde entier.

Sacré Cœur de Jésus, venez au secours de la France.
Amen.

Conseils aux futures épouses - conférence de l'abbé Lafitte




Voir le site de M. l'abbé Lafitte http://dame-marie.e-monsite.com/

La vie de sainte Tarcisse - par Marc-André Fabre


Le sanctuaire de Ste Tarcisse en hiver
La poésie du Moyen-Age a parfois heureusement conservé ce que le crible de l'histoire n'a pas retenu. C'est ainsi que nous connaissons les grandes lignes de la vie de Sainte Tarcisse grâce à un poème en vers latins en l'honneur de Charlemagne, attribué au moine Colomban, et composé vers le début du IXème siècle.

Sainte Tarcisse priez pour nous

Tarcisse appartenait à l'illustre famille des Ferréol, qui possédait des biens considérables dans la Gaule Narbonnaise et dans les Cévennes. Le fils de Ferréol 1er, connu sous le nom de Tonance Ferréol II, naquit vers 420 après Jésus-Christ, dans la villa de Trévidon d'où, selon Sidoine Apollinaire, on apercevait le Mont Lozère « qui surpasse le Caucase de Scythie », et le Tarn « dont l'onde transparente et rapide nourrit des poissons à la chair ferme et délicieuse ». Ferréol II qui, comme son frère, mérita d'être élevé, vers 450 à la dignité de préfet des Gaules épousa une fille de l'empereur Avitus, soeur de Papianilla, femme de Saint Sidoine Apollinaire, qui devait, par la suite, être appelé par le peuple à monter sur le siège épiscopat de Clermont.

Entrée du sanctuaire
Ces liens de parenté de Sidoine Apollinaire avec Ferréol II, nous ont valu quelque renseignements précieux sur la famille de Sainte Tarcisse. Ils viennent confirmer ceux du poème du moine Colonban, mais ils y ajoutent quelques détails sur la sagesse avec laquelle Ferréol II administra les Gaules et sur ses négociations habiles avec le roi des Goths, Thorismond, qu'il décida à abandonner la région d'Arles et à retourner à Toulouse.

Après un voyage à Rome où il alla appuyer les plaintes du peuple contre Arvandus, son successeur dans la préfecture des Gaules, Ferréol II se retira dans la ville de Prusian, puis dans celle de Trévidon dans l'Aquitaine qui n'était pas encore occupée par les Wisigoths et où il devait mourir vers 490. Il laissait deux fils : Roricius, Évêque d'Uzès de 505 à 507, et Ferréol III, qui épousa Industria que Clovis aurait eue d'une autre femme que Sainte Clotilde.

A son tour, Ferréol III eut cinq fils : Ansbert, Déochaire, Evêque d'Arisiturq, Firmin, Evêque d'Uzès, Aigulfe, évêque de Metz et Gamardus.

Depuis la route
Ansbert, créé duc d'Austrasie, s'établit vers 530 à Metz, capitale du royaume de Thiérry, l'un des fils de Clovis, qui possédait en outre Cahors, le Rouergue et l'Auvergne. Il y remplit auprès du souverain les fonctions de maire du palais. Il épousa Blithilde, fille de Clotaire 1er, roi de France et petite fille de Clovis, et il en eut quatre enfants : Saint Mondéric, qui devait succéder à son oncle Saint Déothaire sur le siège Episcopal d'Arisitum, situé, croit-on, au Vigan, Saint Ferréol, qui fut élevé par Saint Firmin et lui succèda sur le siège épiscopal d'Uzès, Arnold, et Sainte Tarcisse.

D'après le moine Colomban, Arnold aurait eu deux enfants, Saint Chloud, Evêque de Metz, et Anségise qui, de son mariage avec Begga, fille de Pépin de Landen, eut un fils, Pépin d'Héristal, de qui descendrait directement Charlemagne, par Charles Martel et Pépin le Bref.

Encore que l'on puisse contester certains détails de cette généalogie, elle n'en demeure pas moins historique dans les grandes lignes, comme le fait observer l'abbé Servières, et prouve que Sainte Tarcisse s'inscrit dam une phalange d'ancêtres aussi nobles que saints.

Saint Ferréol, second fils d'Ansbert étant né en 521, la date de la naissance de sa soeur, Sainte Tarcisse, ne peut être antérieure à 523, ni postérieure à 530 ; il est donc possible qu'elle soit née à Trévidon, avant que son père partit pour Metz.

Dès son plus jeune âge, la Providence veilla sur elle. Un jour que sa nourrice l'avait laissée seule dans sa chambre, nous dit un manuscrit de la fin du XVIIème siècle trouvé à Conques et qui s'inspire du « Sanctoral » de Bernard Guy, évêque de Lodève, en 1324, dont il ne rate que des fragments à la Bibliothèque Nationale, un incendie éclate à l'intérieur du palais, les serviteurs s'étant précipités pour sauver l'enfant, la trouvèrent saine et sauve au milieu des flammes, ses petites mains tendues et ses yeux levés vers le ciel. A dater de ce jour, ils ne doutèrent pas qu'elle fut promise à la plus haute destinée.

Et le biographe de Conques ajoute que, dès l'âge de raison, « elle commença à répandre sa lumière dans tout le royaume comme un soleil à son midi ». Il se laisse entraîner, bien sûr, par son élan poétique. Le cardinal Pitra est plus objectif lorsqu'il écrit que le palais mérovingien devint alors « le foyer d'un mouvement civilisateur qui allait rapidement transformer un peuple barbare ». Une école fut fondée à Metz, à l'ombre de la chapelle royale de Saint-Martin, et ses maîtres, Avitus et Apollinaire virent accourir vers eux de nombreux nobles gallo-romains, dépositaires de la foi et de la science que les envahisseurs avaient mises en péril. On y enseignait les sept arts libéraux, qui allaient constituer, pendant près de douze siècles, la base de l'enseignement : la grammaire, la dialectique, la rhétorique, la géométrie, l'arithmétique, l'astronomie et la musique. Les femmes elles-mêmes cédaient à l'attrait de ces études : on citait les écrits de Sulpicia, les leçons de Fassica. Au dire de Venante Fortunat, Sainte Radegonde de Poitiers, veuve de Clotaire1er, lisait les Pères grecs et latins.
Le petit pont

Les maître les plus éminents ne manquèrent donc pas à Sainte Tarcisse. Elle devait les étonner par la rapidité et l'éclat de ses progrès. Elle acquit surtout une connaissance parfaite des Livres Saints. Ainsi, lentement, elle s'élevait vers le Créateur, dont l'amour embrasait si intensément son âme qu'il devint, comme pour Sainte Thérèse « un abîme dont elle n'aurait pu sonder la profondeur ». Est-il, dès lors, surprenant que Tarcisse ait songé à se consacrer toute entière à Dieu par le voeu de virginité ?

Cependant sa radieuse et rare beauté, sa grâce, la noblesse de son maintien et sa brillante culture attiraient tous la regards et lui gagnaient tous les coeurs. Un jeune prince de Germanie demanda sa main à ses parents et fut agréé. Mais aux instances les plus pressantes, Tarcisse opposa le plus ferme refus. Avoua-t-elle à son père la décision qu'elle avait prise ? C'est possible, mais ce n'est pas certain. Si elle l'avait fait, le maire du palais aurait pu songer à demander à l'autorité épiscopale l'annulation de ce voeu qui pouvait paraître prématuré.

Il est plus probable que Tarcisse, très jeune encore et qui hésitait, connaissant la faiblesse humaine, à s'engager dans une voie qui la conduirait à la sainteté, demanda à réfléchir et pria ses parents, quelle voulait habituer peu à peu à la séparation inévitable, de lui permettre de continuer à prier loin du monde et de demander à Dieu ses grâces et ses lumières.

Le ruisseau
Prenant pour une hésitation ce qui n'était qu'un excès de tendresse et d'humilité, Ansbert fixa le jour des noces. Tarcisse alors ne vit d'autre moyen de salut que la fuite. Quittant subrepticement le palais, elle se dirigea vers les montagnes du Rouergue, sans souci du danger qu'elle allait courir. Sa disparition consterna ses parents qui mirent tout en oeuvre pour trouver la fugitive. En vain « le Seigneur, dit le chroniqueur de Conques, lui servir d'ombre et la mit à couvert de l'artifice des hommes ».

On pense que Tarcisse se rendit d'abord auprès de son oncle, Saint Déothaire, évêque d'Arisitum. Cet évêché qui groupait quelques paroisses rurales, à cheval sur le Gard et sur l'Aveyron, avait sans doute été constitué par les Ferréol aux dépens des diocèses de Rodez, d'Usès, de Nimes et de Lodève.

En Gaule, au IVème siècle, les évêques abondaient jusque dans les « pagi », si bien que l'Eglise eut quelque peine à les supprimer, par la suite, pour rehausser l'autorité et le prestige de l'épiscopat.

Combien de temps Tarcisse resta-t-elle à Arisitum ? On l'ignore. Il est probable que, ne s'y estimant pas en sécurité et craignant que les envoyés de son père ne l'y découvrissent, elle se mit rapidement en quête d'une retraite plus sûre, où elle se sentirait à la fois plus éloignée du monde et plus proche de Dieu. Elle devait la trouver dans le bois de Rodelle. Ce site est grandiose et sauvage. Entre la vallée du Dourdou qui, de Bozouls, par Villecomal et Conques, va se jeter dans le Lot à Grandvabre, et le petit ruisseau nommé la Coussonne s'élève un promontoire défendu par des pentes abruptes et couronné par trois énormes rochers.

Rodelle vue du ciel
C'est au pied de l'un d'eux, et non à son sommet, que s'élevait au temps de Sainte Tarcisse, un château, qui devint par la suite la propriété des Comtes de Rouergue et dont l'Eglise romane actuelle était sans nul doute la chapelle. Il dut être détruit, avec celui de Bozouls en 1484, le Comte Pierre d'Armagnac, qui les occupait, ayant refusé de rendre hommage à Louis XI. Lorsqu'on descend la Coussonne, qui coule au fond du vallon du Bac. on rencontre un autre ruisseau plus petit. En le remontant on arrive, au bout de deux cents mètres de marche, au pied d'une montagne abrupte au sommet de laquelle commence le plateau de Lagnac.

Là, dans le roc calcaire, s'ouvre une grotte dont l'entrée n'a qu'un mètre cinquante de haut sur soixante centimètres de large. De la voûte coulent, une à une, des gouttes d'eau que recueille un bénitier. Telle fut la demeure ou, plutôt le tombeau, selon l'expression de l'abbé Servières, où Tarcisse vint s'ensevelir vivante.

Mais comment allait-elle pouvoir y vivre ? C'était, à coup sûr, son moindre souci, Dieu ayant proposé, en exemple, à ses créatures, les oiseaux du ciel dont il assure la nourriture. En effet, matin et soir, une chèvre, se détachant du troupeau de la Divinie, voisine de Lagnac, descendait jusqu'à la grotte et offrait à Tarcisse son lait.

Nuit et jour, au dire de son chroniqueur de Conques, la Vierge mérovingienne "conversait avec les anges", dont elle était la soeur par pureté, et s'appliquait à rendre sans cesse plus parfaite sa connaissance de son Epoux céleste et plus profond son amour pour lui. Préservée, croit-on, de toute douleur corporelle, elle languissait cependant dans cet exil terrestre et souffrait de la nostalgie du Ciel.

Un jour, enfin, cette âme d'élite acheva de rompre le faible lien qui la rattachait à la terre. Une intense clarté émanant de la grotte attira les habitants des environs. Ils se prosternèrent devant le corps dont le parfum révélait la sainteté. Mais, comme ils n'osaient le toucher, ils firent demander à l'évêque de Rodez de venir présider à son enlèvement.

Une rue de Rodelle
C'était alors, Saint Dalmas, qui occupa le siège épiscopal de 516 à 581. Escorté de son clergé, il se rendit à Rodelle et descendit à la gtotte. Mais les habitants de Lagnac et de Rodelle se disputant la possession de la précieuse dépouille, il décida de s'en remettre à la décision de la Providence. On la mit donc sur un char attelé de deux taureaux indomptés, qui choisiraient leur route à leur gré. Ils se dirigèrent vers Rodelle, puis vers Lagnac, où un bras de la Sainte se détacha. En souvenir de ce fait miraculeux, l'église de ce village possède un reliquaire en forme de bras, surmonté d'une main de femme. Il contient des reliques de Sainte Tarcisse. Les taureaux, faisant demi-tour, prirent ensuite le chemin de Rodez.

Aux portes de la ville, le cortège rencontra le convoi funèbre d'un jeune homme que Saint Dalmas, inspiré par le Ciel, fit arrêter. Il se mit alors en prières avec tous les assistants et demanda à Dieu, "s'il voulait que son nom fut glorifié par Sainte Tarcisse, de faire revenir le défunt à la vie." Puis, il prit la main de Tarcisse et la posa sur la poitrine du jeune homme qui, aussitôt, sortit de son cercueil, plein de vie, en présence de la foule frappée d'admiration et de stupeur.

La dépouille de la petite sainte fut déposée dans la chapelle de Saint Vincent, située dans le quartier de la Cité. Mais elle était construite en bois, et un incendie la détruisit. Les reliques de Sainte Tarcisse purent, cependant, être sauvées et furent transportées dans l'abbaye des religieuses bénédictines de Saint-Sernin-sous-Rodez, appelée aujourd'hui le Monastère-sous-Rodez.

Le chroniqueur de Conques affirme que "quantité de merveilles arrivèrent pendant cette cérémonie." le 8 juillet 1691, l'abbesse Christine de Noailles fit déposer la châsse à la limite du choeur et de la nef, pour satisfaire à la fois la dévotion des religieuses et celle des fidèles. En 1793, l'abbaye subit le sort commun à tous les monastères, mais les reliques de Sainte Tarcisse échappèrent en grande partie au pillage et à la destruction, grâce à un prêtre et à deux serviteurs de l'abbaye.

Le dépôt le plus important se trouve au couvent des Carmélites de Rodez, mais de nombreuses Eglises du diocèse possèdent des fragments d'ossements qui leur ont été donnés par les religieuses de Saint-Sernin ou par les Carmélites. L'église du Monastère-sous-Rodez conserve encore la châsse qu'avait fait confectionner l'abbesse de Noailles, mais le chef de Sainte-Tarcisse a disparu.

Les treize siècles qui ont passé sur la grotte de Rodelle n'ont pas modifié son aspect ni celui de ses abords. Depuis les temps les plus reculés on y vient en pèlerinage et bien des malades atteints, en particulier, d'affections des yeux y ont été guéris après se les être lavés avec l'eau qui tombe de la voûte. Pendant longtemps seule une modeste croix de fonte, due à la piété d'un habitant de Lagnac, qu'un habitant de Rodelle fit remplacer, en 1882 par une croix de pierre, a signalé aux touristes l'emplacement de la grotte. Depuis 1935, grâce à M. l'abbé Justin Lagarrigue, curé de Rodelle et de Lagnac, une petite chapelle s'élève à proximité de celle-ci.

Sainte Tarcisse. Priez pour nous.
Elle a été construite avec les pierres de la vieille église de Verrayrettes, dont il ne reste plus que le choeur mutilé, au flanc d'une colline voisine de Rodelle. M. l'abbé René Pouget, successeur de M. l'abbé Lagarrigue, a fait placer sur l'autel de cette chapelle une statue en pierre de la Sainte, dont j'avais demandé à Denis Puech d'établir la maquette. Ce devait être l'une des dernières oeuvres du maître, auquel l'Amicale Parisienne des Enfants de Bozouls, a rendu, en 1955, sur mon initiative, un hommage solennel en élevant à Bozouls un monument à sa mémoire et à celle de son frère Louis, député et ancien ministre.

Le plus ancien calendrier du diocèse de Rodez, qui remonte à l'an 1300, fait mention de la fête de Sainte Tarcisse, célébrée le 15 janvier. Chaque année, le troisième dimanche après Pâques et le jeudi de l'Ascension, à tour de rôle, les habitants de Lagnac et de Rodelle se rendent en pèlerinage à la grotte. Mais c'est le premier dimanche de septembre que les pèlerins, particulièrement nombreux, viennent la prier et implorer sa protection.
Marc-André Fabre

Vous êtes invités au pèlerinage annuel
chaque 1er dimanche de septembre
à partir de 14h


Prière à Sainte Tarcisse
Douce Vierge, sainte Tarcisse. vous qui avez choisi pour demeure un coin de notre terre, qui l'avez sanctifié par votre pureté angélique et votre ardente charité et dont, même après de longs siècles, la vertu nous sert de modèle ;
Vous qui êtes aujourd'hui notre protectrice, qui veillez sur nos terres et sur nos villages ;
Vous, qui manifestez souvent par des prodiges votre présence pleine d'amour; qui répandez sur nous vos bienfaits, rendant la santé aux malades, la vue aux aveugles;
Nous vous invoquons avec respect et tendresse. Soyez toujours la gardienne de nos foyers. Obtenez-nous la grâce d'une vie très pure, la confiance filiale envers notre Père du Ciel, dans la joie de vivre près de Lui; apprenez-nous à Le servir à votre exemple.
Conservez à nos fils la foi de nos aïeux ; et faites luire la lumière de l'Évangile aux yeux de tous ceux qui sont encore loin du Christ.
Que par vous notre France demeure la terre de la piété profonde et de la vertu généreuse.
Sainte Tarcisse. priez pour nous.
100 jours d'indulgence.
Vu et permis d'imprimer.
+ Jean MENARD. Evêque de Rodez.
Rodez, 2 juillet 1957.

L'église de Rodelle

Construite sur l'emplacement de la Chapelle du Château, édifiée en 1221, dédiée à St-Michel, détruite en 1611, elle est classée au titre des monuments historiques.


Il faut remarquer :
- son Choeur Roman avec son arc triomphal porté par des chapiteaux à entrelacs,
- ses peintures murales du XIIIème mises à jour en 1980.


La pietà dite "Notre-Dame de Pitié" est un groupe en pierre du XVème

Ce type de sculpture correspond au style flamboyant en architecture, révèle l'influence de la spiritualité de St-François d'Assise vers une piété plus humaine et plus charnelle d'une puissance expressive inégalée.

La pietà de Rodelle est une des plus remarquables

La Vierge ne porte pas le Christ à demi étendu et prêt à être couché dans le sépulcre. La Vierge reçoit sur ses genoux le corps supplicié du Christ dont les veines tendues saillent affreusement.
Les mains jointes, les paupières baissées s'inclinent vers le coeur qui a cessé de battre.
St-Jean prostré tient la nuque à deux mains, sur un genou relevé et adore la Sainte Face.
Madeleine, écroulée, étreint un pied qu'hier elle embaumait d'aromates et pleure sur le stigmate du clou.
Il faut admirer la beauté des détails :
- les plis détaillés de la robe,
- la chape géométrique du voile,
- le visage étreint d'une douleur sans larme.

Se rendre à Rodelle :

Les pèlerins qui viennent de loin peuvent prendre leur repas sur réservation à l'Auberge du Roc, 12340 RODELLE, tél. 05 65 44 93 43.


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TV Lourdes - La grotte de Lourdes - Vidéo en direct


N’appelez personne « Père » - par Mr l'abbé Guy Pagès




N’APPELEZ PERSONNE « PÈRE » (MT 23.9) !
Parmi les arguments utilisés par ceux qui cherchent à prouver que l’Église catholique serait infidèle à l’Évangile, il y a le fait qu’Elle appelle les prêtres « père », ce qui serait en contradiction avec la volonté de Jésus qui demande : «N’appelez personne votre Père sur la terre : car vous n’en en avez qu’un, le Père céleste. » (Mt 23.9).
A cela il faut répondre que nous trouvons dans l’Évangile lui-même le mot «Père» n’est pas toujours appliqué à Dieu… Ainsi, par exemple, S. Mathieu écrit-il que Zébédée était le père de Jacques et de Jean (Mt 4.21). S. Mathieu aurait-il donc trahi l’Évangile ? Et comment aurait-il alors dû dire s’il ne devait pas employer le mot de « père » ? «Procréateur » pas plus que «géniteur » ne disent exactement ce que dit le mot «père »… S. Paul ne revendique t-il pas sa paternité lorsqu’il écrit aux Corinthiens : «Auriez-vous des milliers de pédagogues dans le Christ que vous n’avez pas plusieurs pères, car c’est moi qui, par l’Évangile, vous ai engendrés dans le Christ Jésus !» (1 Co 4.15) ? La Mère de Jésus retrouvé au Temple Lui dit : «Vois ! ton père et moi, nous Te cherchons, angoissés… » (Lc 2.48), aurait-Elle donc péché en Lui disant cela, si peu que ce soit, Elle, la sans-péché, l’Immaculée Conception ? Et Jésus Lui-même utilise le mot de « Père » pour d’autres personnes que le Sien, lorsqu’Il dit, par exemple : «Qui aime son père plus que Moi n’est pas digne de Moi.» (Mt 10.37) ; ou : «Honore ton père et ta mère. » (Mt 15.4), ou encore à ceux qui ne voulaient pas croire en Lui : «Vous avez pour père le diable. » (Jn 8.44) ? Etc. Etc. Etc. : Mt 3.9 ; 15.6 ; 19.5,19,29 ; 21.31 ; 23.30,32 ; Mc 13.12 ; Lc 11.11… Jésus Se renierait-Il donc Lui-même ? Allons !
L’accusation que nous dénonçons montre combien s’égarent ceux qui veulent comprendre l’Écriture Sainte à l’aide de leur seule intelligence, au mépris de l’avertissement de S. Pierre disant : «Avant tout, sachez-le : aucune prophétie d’Écriture n’est objet d’explication personnelle.» (2 P 1.20). C’est en effet seulement dans la Communion de l’Église que l’Esprit-Saint révèle le sens de la Parole de Dieu. Et quel est-il ici ? Eh bien, en ce verset Jésus a voulu non seulement nous inviter à vivre avec Dieu Source de notre existence comme un enfant vis-à-vis de son père, c'est-à-dire dans la gratitude, l’humilité, l’obéissance et la confiance, mais encore nous révéler la Première Personne de la Sainte Trinité comme étant LE Père, en un sens absolu, c'est-à-dire Père de Lui-même et en Lui-même, Principe sans principe, Lui «de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom» (Ep 3.15) , en sorte que le mot « Père » est Son nom propre.
De même donc que l’homme devient père en communiquant la vie humaine et temporelle, de même l’Église appelle « père » les prêtres parce que eux aussi, au moyen de la prédication de l’Évangile et des sacrements, communiquent la vie, non pas la vie naturelle et mortelle, mais la vie divine et éternelle, celle du Christ, à nous donnée au prix de Sa mort, sur la Croix…
Bref, la critique que notoirement les héritiers de la Réforme font de cet usage de l’Église d’appeler « Père » les prêtres procède, évidemment, de leur refus viscéral de l’autorité de l’Église incarnée par les membres de sa hiérarchie. Refus de l’autorité érigé en principe, celui du libre examen, à la source de la Révolution française, de celle de mai 68 où il était interdit d’interdire, et de la société d’aujourd’hui où le père n’étant plus honoré, celle-ci éclate faute de repères. Remarquons pour finir comment s’il est bienvenu d’invoquer de la devise républicaine la liberté et l’égalité, il n’en va pas de même de la fraternité… Et pourquoi, sinon parce que se dire frères implique l’existence du même Père, de Dieu, Lui que tels des fils ingrats nous ne voulons ni reconnaître ni aimer et à qui nous ne voulons plus obéir… Que l’Esprit de Dieu daigne nous donner de nous aimer tous comme des frères en Jésus et comme Jésus, Lui, le Fils du Père éternel ! Ainsi soit-il !
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