Une excellente publication, qui tombe bien.
Émission de Louis Daufresne, le grand témoin.

Que penser des procès en sorcellerie du XVIIè siècle ?

La superstition a donné lieu aux procès de sorcellerie.
La guerre de Trente ans, qui commença en 1618, fut pour l’Europe et surtout pour l’Allemagne un terrible fléau. Dans son désespoir, le peuple attribua ses misères à certaines personnes, qu’il soupçonnait avoir fait avec le démon un pacte qui leur donnait le pouvoir de provoquer certains malheurs, comme la guerre, des maladies, des incendies, la famine, les inondations, etc. ; ces personnes étaient appelées sorciers.
Les autorités civiles furent assez insensées pour envoyer partout des inquisiteurs (juges d’instruction) chargés de rechercher ces sorciers. Il suffisait pour être accusé de sorcellerie d’avoir des ennemis ou même d’avoir une piété plus qu’ordinaire.
L'accusé qui niait devant le juge était soumis à une torture inhumaine pour lui arracher un aveu : on leur mettait des poucettes, on leur écrasait les jambes ou les cuisses dans des étaux ; on leur liait sur le dos les mains attachées à une corde sur une poulie et on les tirait en l’air après leur avoir suspendu aux pieds des poids énormes ; d’autres fois on leur tenait des flambeaux sous les aisselles ou sous la plante des pieds.
Le malheureux faisait le plus souvent un aveu pour échapper à ces horribles tourments, quoique l’aveu eût pour conséquence la confiscation des biens et le supplice du bûcher.
Beaucoup de femmes du meilleur monde furent victimes de ces procès, qui eurent lieu dans des états catholiques, mais plus encore dans des états protestants.
Dans l’état luthérien de Wolfenbüttel les poteaux où l’on avait brûlé les sorcières étaient si nombreux, qu’on appela l’emplacement forêt des sorciers.
Parmi ceux qui s’élevèrent les premiers et les plus vigoureusement contre ces abus, il faut compter deux jésuites, le P. Tanner et le P. Fréd. de Spie (mort en 1635 à Trêves) ; celui-ci avait préparé à la mort plus de deux cents femmes condamnées pour sorcellerie. Il publia un mémoire contre ce désordre et l’envoya à l’empereur Ferdinand et aux princes-électeurs. L’électeur de Mayence supprima aussitôt ces procès dans sa principauté, et les autres électeurs suivirent son exemple, mais plus tard seulement.
Comme on le voit, ni l’Eglise ni la religion n’ont rien de commun avec ces monstruosités ; elles sont le fait de la sottise et de la malice des hommes, le fait de ceux qui par leur position auraient dû combattre cet abus et l’ont négligé.
Catéchisme catholique populaire – François Spirago (1903)
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