Notre Dame de tous les peuples (Amsterdam) - Conférence audio de Françoise Breynaert



Enregistrement : Radio Courtoisie, 3 janvier 2016.

Par Françoise Breynaert, docteur en théologie. http://ecoledemariedenazareth.ovh/
Présentation de son livre : Amsterdam, Notre Dame de tous les peuples, éditions Rassemblement à son image 2015.

« Notre Dame de tous les peuples » demande un dogme. «Corédemptrice, Médiatrice et Avocate» (11 octobre 1953). Comme toute apparition, celles d’Amsterdam ne proposent pas une doctrine nouvelle. La Vierge dit elle-même, le 31 décembre 1951 : « Je ne viens pas apporter une nouvelle doctrine, il y a déjà une doctrine. Je viens apporter un autre message. Transmets bien cela ! »
Le dogme est inséparable de la justice et de l’amour. La Dame dit : « Il y a une grande source à laquelle vous pouvez tous vous laver ». Des mots paraissent. Je lis, "équité, amour et justice" (28 mars 1948). Ou encore, le 7 mai 1949 : une vision symbolique. Une grotte. Par terre, un peu de paille. Un enfant y est déposé. Alors, de toutes parts, des gens surviennent. La Dame dit : « Des gens ordinaires. Les moindres des miens ». Elle précise : « Il n’y a plus de place pour eux… des foules entières… Les moindres des miens ». Soudain cette grotte se transforme en une église /…/ Elle me désigne les bancs. Ils sont vides. Elle dit : « Vois-tu l’erreur ? Le vide… ».
Commentons : les gens sont attirés par Jésus, sa petitesse qui rejoint notre petitesse, sa fragilité qui rejoint notre fragilité. L’amour les attire. Quel rapport avec le dogme ? Lorsque le concile Vatican II, dans la Constitution dogmatique sur l’Eglise, parle de la « coopération » de Marie, il dit que Marie coopère par son obéissance, sa foi, son espérance et sa charité (Lumen gentium 61).
Œcuménique ? Bien sûr, pour un tel dogme, il y a des difficultés œcuméniques, mais les choses sont loin d’être négatives : pour le théologien anglican J. Macquarrie, avec une lecture plus douce et respectueuse de la liberté humaine, on atteint sans problème une « corédemption» de la Vierge ; pour V. Zelinsky, théologien russe orthodoxe, la doctrine est bonne et l’absence de dogme ne doit pas devenir un dogme à son tour !
Dans ce dogme, il faut savoir que les mots « médiatrice » et « avocate » étaient déjà utilisés par les premiers pères de l’Eglise, saint Irénée par exemple (vers l’an 180), donc bien avant toute division dans l’Eglise.
La doctrine de la coopération à la rédemption découle directement de la notion d’Alliance, qui traverse toute la Bible. Le concile de Trente l’avait souligné : Dieu agit par sa grâce, mais on doit reconnaître à l’homme la responsabilité de sa coopération, sinon, il faudrait dire que la trahison de Judas et la mission héroïque de saint Paul sont également l’œuvre de Dieu !
Le concile Vatican II, Lumen gentium, au chapitre 8, les catéchèses de Jean-Paul II et sa lettre encyclique, « La mère du Rédempteur (Redemptoris Mater) », après avoir développé le « pèlerinage de la foi » de Marie, s’étendent sur ma coopération de Marie au Christ Rédempteur, qui prend la forme d’une médiation maternelle, aussi bien à l’égard du Christ dont elle est la mère, qu’à l’égard des hommes car Jésus en croix a révélé qu’elle est aussi, spirituellement, notre mère (Jn 19, 25-27).
On peut aller plus loin et considérer le judaïsme ancien. Si un large courant, officiel, considérait que la présence de Dieu demeurait dans le Temple et que la prière des justes ne jouait aucun rôle vraiment important, il y avait un autre courant qui considérait qu’à cause du péché, Dieu s’était retiré au 7° ciel, laissant le monde dans l’obscurité, et que les justes avaient le pouvoir de l’attirer pour qu’il s’approche de nouveau, dans une « ouverture du ciel »… Dans ce courant, qui conduit à la fois à la doctrine du péché originel et à la doctrine de la coopération à la rédemption, nous situons saint Jean Baptiste qui vit le ciel s’ouvrir, les premiers disciples, et bien sûr, la Vierge Marie.
Notre Rédemption a commencé par l’Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie. Marie a intercédé pour cela et, à l’inverse de la première Eve, elle a dit oui au dessein divin (elle est notre avocate), et l’on peut parler de sa médiation maternelle et de sa coopération en tant que mère du Christ Rédempteur.
La compréhension luthérienne actuelle se fonde sur la considération de l’homme dans son état de pécheur. Dès lors que Marie est sans péché, rien ne s’opposerait à un rôle actif de Marie, ce qui correspondrait à l’enseignement catholique sur Marie : « Dieu a choisi Marie et a voulu sa libre coopération. » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 488).
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