Les Saintes Maries de la Mer et les autres saints débarqués en Gaule

Cotignac n’est situé qu’à une centaine de kilomètres du rivage où accosta, en l’an 34, la pauvre embarcation, presque un esquif, dans laquelle la haine des juifs, peu de temps après la Crucifixion, avait jeté 24 disciples du Christ.
Parmi eux se trouvaient ses amis de Béthanie, Lazare, Marthe et Marie-Madeleine. Sa très sainte Mère, elle, était demeurée sous la protection de l’apôtre saint Jean, depuis « l’Ecce mater tua » prononcé du haut de la croix à l’adresse du disciple bien-aimé.
Du moins les fugitifs, en route pour leur nouvelle patrie, emportaient-ils avec eux la relique la plus insigne de la Vierge Marie : le corps de sainte Anne, sa mère. Comme les marins font bien d’invoquer sainte Anne afin qu’elle les sauve du naufrage : la barque dérisoire, sans rames ni voiles, arborant pour toute proue le sarcophage contenant le corps béni, fut miraculeusement conduite à travers les périls de la mer!
Détail touchant : c’est en chantant des cantiques de foi et de reconnaissance que ces condamnés à mort, ces rescapés de la mer, qui venaient de traverser la Méditerranée sur quelque 2800 kilomètres, posèrent le pied sur cette terre de Gaule qui prendrait un jour le nom de France… « La douce France », chanteraient les preux Olivier er Roland… « Le plus beau royaume après celui du ciel », affirmerait la pucelle de Domrémy.
Le lieu où accostèrent les amis du Sauveur, à l’orée de la Gaule intérieure, était une indication du Ciel : remplis d’ardeur et de foi pour la mission qui les attendait, gagner au Christ la « Provincia Romana », ils se répartirent la tâche puis se séparèrent.
Saint Lazare se porta vers Marseille dont il devint le 1er Évêque… Sainte Marthe dirigea ses pas vers Avignon… C’est à Tarascon que, d’un signe de croix, elle terrassa le monstre, la « tarasque » à l’haleine pestilentielle qui, semant la terreur et la mort, ravageaient la région.
D’autres disciples du Christ remontèrent le Rhône et fondèrent les premières communautés chrétiennes de Vienne et de Lyon qui donnèrent de nombreux martyrs en l’an 177 [sainte Blandine, saint Pothin,…].
Marie Salomé, mère de Jacques et Jean, et Marie Jacobé restèrent sur place, c’est pour cette raison que ce lieu reçut le nom de Saintes-Maries-de-la-Mer. Elles évangélisaient les nomades qui parcouraient les forêts et les bras du Rhône.
Quant à Marie-Madeleine, elle choisit « la meilleure part » : conduite par la Providence dans les forêts de Provence comme elle l’avait été sur les flots, elle gravit les pentes d’un impressionnant massif, et s’en fut pleurer ses péchés dans la « Sainte Baume », la grotte creusée au flanc d’une longue falaise rocheuse.
Elise Humbert – Cotignac et la mission divine de la France (2015)
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