La nature de Dieu


Nous ne pouvons pas dire exactement ce que Dieu est.

— Le roi et le philosophe. — Hiéron de Syracuse fit un jour venir le philosophe Simonides et lui demanda ce qu’était Dieu. Le sage demanda une journée de réflexion. Après les vingt-quatre heures, il revint en demander deux fois autant, puis quatre jours, et ainsi de suite, en réclamant chaque fois le double du délai précédent. Enfin le roi lui demanda raison de sa conduite, et le sage répondit : « Plus je réfléchis à la question, plus elle devient mystérieuse. » — L’infini ne peut pas être saisi adéquatement par notre intelligence bornée : Dieu seul peut se comprendre lui-même.

L’Omniprésence de Dieu.

Le souvenir de la présence de Dieu rend l’homme intrépide.

 — La peine de l’exil. — Saint Jean Chrysostom évêque de Constantinople (mort en 407), était mal vu des gens de la cour à cause de la liberté de sa prédication : l’impératrice Eudoxie surtout le détestait. Elle le fit un jour menacer de bannissement. «N e pensez pas par là, répondit le saint évêque, m’inspirer une terreur quelconque. Vous devriez savoir que Dieu est présent partout, et que vous ne pourriez m’effrayer qu’en me reléguant dans un lieu où Dieu ne serait pas.» — Si par hasard vous vous effrayiez d’être seul quelque part, pensez à la présence de Dieu. Quand un homme peureux se voit accompagné, sa crainte des fantômes diminue; il aurait d’autant moins de raison de trembler, s’il réfléchissait à la présence de Dieu, sans la volonté duquel aucun spectre ne pourrait apparaître.

I. Le souvenir de l’omniscience de Dieu nous détourne du péché.

 — Un voleur dans un verger. — Un enfant avait escaladé le mur d’un verger pour y voler des fruits. Mais d’abord il se tourna de tous les côtés pour voir s ’il n’était pas observé. Tout à coup l’un de ses camarades, perché dans un arbre d’un jardin voisin, lui cria : « Tu as regardé à droite, à gauche, devant et derrière toi; pourquoi n’as-tu pas aussi regardé le ciel ? » Le petit voleur comprit que son camarade voulait lui rappeler le Dieu qui voit tout : et comme frappé de la foudre, il s’enfuit à toutes jambes. Il n’oublia certainement plus de sitôt la vérité, qu’on ne peut se soustraire au regard de Dieu.
— Les pommes abandonnées. — Un enfant fut envoyé par son père chez ses voisins pour leur faire une commission. En entrant dans la chambre, il ne trouva personne, mais un panier rempli de pommes splendides. Aussitôt la mauvaise pensée lui vint : tu peux bien dérober quelques fruits, personne ne te verra. Mais la pensée de Dieu le retint et il dit devers lui à haute voix : « Oh non ! je ne prendrai rien, car Dieu me voit. » Aussitôt le voisin, assis derrière le poêle, apparut et lui dit : « Tu es un bon enfant. Prends des fruits, tant que tu en veux. » Si l’enfant avait volé, il aurait sans doute été châtié; il éprouva donc doublement combien il est avantageux de penser que Dieu voit tout : cette pensée nous détourne du péché et nous épargne ses punitions.


II. Cette pensée nous console dans les souffrances.

— Une mère qui a perdu son fils préféré. — Des parents étaient inconsolables de la mort d’un petit garçon aussi pieux que plein de talents. La mère confia un jour sa douleur à son curé, et celui-ci ouvrit la Bible et lui lut le passage suivant du Livre de la Sagesse : « Comme il plut à Dieu, il devint son enfant de prédilection, et comme il vivait au milieu des pécheurs, Dieu l’enleva. Il fut enlevé pour que le mal ne corrompit point son intelligence, et que l’erreur n’illusionnât point son cœur… Parfait en peu de temps, il a rempli de nombreuses années, car son âme a complu au Seigneur, qui s’est hâté de le séparer de la société des hommes vicieux.» (Sag. IV , 10 et suiv.) Le curé donna à la mère l’explication du texte sacré, et elle promit de ne plus se plaindre, pour ne pas offenser la bonté de Dieu. Elle rentra ensuite chez elle, remplit l’âme de son mari des mêmes consolations et l’anima des mêmes sentiments de résignation. — Dieu sachant tout, prévoit que plus d’un juste serait corrompu par la malice du monde, et l’enlève à la fleur de l’âge. C’est une pensée que devraient méditer, ceux qui pleurent un défunt chéri, prématurément enlevé par la mort.

— La prière d’un écolier sur son ardoise. — Le petit garçon d’un brave artisan s’était refroidi. Quand le lendemain il voulut aller à l’école, le père lui dit : «Chéri, tu es indisposé, tu ne peux pas aller en classe; reste dans la chambre chaude et travaille ici. Prends ton crayon et ton ardoise et fais un exercice d’écriture. » L ’enfant obéit et écrivit la prière suivante : «Mon Jésus, je t’en prie, fais de moi un enfant pieux. Si je ne devais pas le devenir, enlève-moi de cette terre, reçois-moi dans les cieux, rends-moi pareil aux anges. » Peu après l’enfant se plaignit d’un violent mal de gorge et on fut obligé de le mettre au lit; le lendemain une diphtérie se déclara, et le surlendemain, il avait cessé de vivre. Les parents gardèrent l’ardoise de leur enfant comme une précieuse relique et se consolèrent à la pensée que le Sauveur avait exaucé la prière de leur bien-aimé. — Dieu rappelle à lui plus d’un enfant en bas âge pour en faire un ange au ciel, parce qu’il prévoit que cet enfant aurait été gâté dans ce monde et damné dans l’éternité.

— Un voyageur empêché de partir pour l’Amérique. — Le paquebot Hortensia se trouvait (1833) dans le port de Hambourg prêt à appareiller pour l’Amérique. Comme il y avait encore un certain délai jusqu’au départ, un des émigrants fit une promenade dans le parc, où une fleur le frappa qui lui plut beaucoup. Il monta sur le gazon et la cueillit, mais un gardien l’aperçut et l’emmena au poste de police. Malgré ses supplications et ses offres de payer l’amende, on le garda, et cependant Y Hortensia leva l’ancre. Au bout de peu de jours, on apprit qu’elle avait fait naufrage, et l’émigrant remercia Dieu du contretemps qui l’avait empêché de partir. — Le monde attribue ces événements au hasard ; le chrétien y voit l’intervention de la Providence, Dieu nous envoie souvent des maux légers pour nous en épargner de plus grands. Pensons-y dans le malheur.


III. Le souvenir de l'omniscience de Dieu nous fait produire des bonnes œuvres.

— Les tours du Dôme de Cologne étaient près d’être terminées, et quelques curieux obtinrent la permission de monter sur les échafaudages pour voir l’état des travaux. Ils manifestèrent leur étonnement du fini des figures et des ornements. « Pourquoi, dit l’un d’eux, dépenser tant de peine et d’art pour cette ornementation ? Qu’on en mette en bas, soit, parce qu'on la voit et l’admire, tandis qu’ici personne ne la remarque.» Un sculpteur, qui travaillait au clocher depuis vingt-cinq ans, l’entendit et répondit : « Pardon, Monsieur ! si les hommes ne le voient pas, Dieu le voit du haut du ciel. » — Il en est ainsi de beaucoup de nos actes de vertu, comme la prière, le jeûne, l’aumône. Les hommes ne les voient pas ou ne les estiment pas, mais il y a quelqu’un qui les voit et les récompensera : c’est le Père Céleste. Le souvenir de l’omniscience de Dieu est donc un stimulant énergique pour l’accomplissement des bonnes œuvres.

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