Notre Père, qui êtes aux Cieux, que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrive, que Votre Volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel; Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé, et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.                           Je vous salue, Marie pleine de grâces, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il                          Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il

La chute de la monarchie française - H. Le Caron

Le sacre (miniature des « grandes chroniques de France »)
Les forteresses que l'ennemi de Dieu a du abattre et celles qu'il doit encore renverser pour parvenir a instaurer un gouvernement mondial (1ère partie)

Avant d'abattre, il faut déjà conquérir et nous allons voir avec quelle intelligence et par quelles ruses le prince de ce monde est parvenu à conquérir des forteresses qui paraissaient imprenables.

Quelles sont ces forteresses ?

Ce sont celles qui, dans le passé, ont constitué pour l'Eglise catholique des glaives temporels puissants : la monarchie française et la monarchie autrichienne. C'est à la maison de Bourbon et à la maison de Habsbourg que la Révolution s'est successivement attaquée. On peut considérer aussi que la disparition tragique des Romanov (bien qu'ils n'aient pas constitué pour l'Eglise catholique un glaive temporel) a permis à la Révolution d'abattre une forteresse importante à l'Est de l'Europe. Aux tsars qui étaient chrétiens ont succédé des hommes abominables, sans doute démoniaques, qui se sont immédiatement attaqués à la religion pour faire disparaître jusqu'à l'idée de Dieu et qui ont supprimé toute liberté dans leur empire.

La chute de la monarchie française
« Effrayante et regrettable sédition, total renversement du régime social qui, à la fin du XVIIIe siècle, sévit en France et persécuta haineusement les choses divines et humaines, le roi et les nobles et tout spécialement l'Eglise du Christ et ses ministres... En ce temps-là, des hommes ignobles s'emparèrent hardiment du pouvoir, masquant la haine qui les agitait à l'endroit de la religion catholique sous le fallacieux prétexte de philosophie, tendant de toute leur force à abolir le nom chrétien... » (Pie XI : Lettre Apostolique proclamant Bienheureux Pierre-René Rogue).
La Révolution française fut l'œuvre d'une minorité bien organisée qui, dans la personne de Louis XVI, a voulu abattre le principe qu'il incarnait : La soumission à l'ordre politique de Dieu1. Le Pape Pie VI l'expose d'une manière remarquable dans son allocution du 13 juin 1793 sur la mort de Louis XVI, en faisant remonter cette sédition à la Réforme.
« Il y avait bien longtemps que les Calvinistes projetaient et préparaient la ruine de la religion romaine en France. Il avait fallu d'abord préparer les esprits, faire pénétrer dans le peuple les doctrines impies : on ne cessa, dès lors, de répandre partout des libelles débordant de perfidie et d'esprit de sédition... L'Assemblée Générale du Clergé de France, en 1745, dénonça ces très dangereuses et criminelles entreprises ».
Et plus tard le Pape Léon XIII, dans son admirable ouvrage : l'Eglise et le Droit Commun (p. 161, Casterman), précisera lui aussi :
« C'est de la Réforme que naquirent, au siècle dernier, et la fausse philosophie et ce qu'on appelle le droit moderne et la souveraineté du peuple et cette licence sans frein en dehors de laquelle beaucoup ne savent plus voir de vraie liberté ».
Joseph de Maistre qui possédait un esprit particulièrement lucide a bien résumé la question en ces quelques lignes :
« Depuis l'époque de la Réforme et même depuis celle de Wiclef, il a existé en Europe un certain esprit terrible et invariable qui a travaillé sans relâche à renverser le Christianisme... Sur cet esprit destructeur sont venus se greffer tous les systèmes antisociaux et antichrétiens qui ont paru de nos jours. Tout cela ne fait qu'un et ne doit être considéré que comme une seule secte qui a juré la destruction du Christianisme et celle de tous les trônes chrétiens, mais surtout et avant tout celle de la maison de Bourbon et du siège de Rome »2. (Œuvres, t. VIII, p. 312).
Il existe de nombreux ouvrages qui font ressortir le rôle déterminant des Sociétés de pensée et des Loges maçonniques dans la Révolution française. Nous ne pouvons nous étendre sur ce sujet.
Voltaire fut reçu franc-maçon, lors de son premier voyage en Angleterre (1725-1728) et, de retour à Paris, vers 1730, il ne fit point mystère de son projet d'anéantir le Christianisme3. La publication de l'Encyclopédie fut le premier moyen pour atteindre ce but4. Il écrivait, le 23 mai 1764 à Damilaville : « Je mets toutes mes espérances dans l'Encyclopédie ». L'Encyclopédie ne fut tirée qu'à 4200 exemplaires en 35 volumes in-folio ; ce qui prouve que pour réaliser une révolution, il suffit de contaminer un petit nombre d'intellectuels auxquels on fournit des arguments.

Après la fondation, en 1772, du Grand Orient de France, qui fut une concentration des troupes maçonniques françaises, la Franc-Maçonnerie prit tout son développement, si bien qu'en 1789 elle ne comptait pas moins de 700 loges en France et dans ses colonies, sans compter un grand nombre de chapitres et d'aréopages (rapport lu à la tenue des Loges du Grand Orient de Nantes le lundi 23 avril 1983).

Les révolutionnaires et les hommes les plus connus qui ont de la scène politique, à cette époque-là, appartenaient tous à des Loges.

Philippe-Egalité, Dumouriez, La Fayette, Custine, les frères Lameth, Dubois à la Loge de Crancé, Roederer, Lepelletier de Saint-Fargeau, appartenaient à la loge « La Candeur ».
Babeuf, Hébert, Lebon, Marat, Saint-Just, à celle des « Amis Réunis ». Bailly, Barère, le docteur Guillotin, Danton, Garat, Lacépède, Brissot, Camille Desmoulins, Pétion, Collot d'Herbois étaient de la Loge des «Neuf Sœurs » à laquelle avaient appartenu Voltaire, d'Alembert, Diderot et Helvétius.
L'abbé Sièyes faisait partie de celle des « Vingt-Deux ».
Robespierre était Rose-Croix du Chapitre d'Arras.
Dietrich, Talleyrand et Savalette de Lange appartenaient à la Secte des « Illuminés ».

En ce qui concerne plus précisément la mort de Louis XVI qui fut tué « en haine de la foi catholique » (Pie VI, texte déjà cité), nous ne possédons pas de preuves écrites, mais seulement des témoignages. La mort de Gustave III, roi de Suède, et celle de Louis XVI auraient été décidées à Francfort, en 1785, lors de l'Assemblée Générale des Illuminés « Eclectiques ». Les témoignages abondent, écrit Mgr Delassus. Parmi ceux-ci on peut citer celui du comte de Haugwitz, ministre de Prusse au congrès de Vérone qui avait été chargé de la direction des Loges de Prusse, de Pologne et de Russie ; le témoignage du Cardinal Mathieu, Archevêque de Besançon (lettre à M. Léon Pages). On y lit: « Il y eut à Francfort en 1785 une assemblée de Francs-Maçons où furent convoqués deux hommes considérables de Besançon, M. de Reymond, inspecteur des postes, et M. Marc de Bouligney, président du Parlement. Dans cette réunion, le meurtre du roi de Suède et celui du roi Louis XVI furent résolus. M. de Reymond qui vécut jusqu'en 1838 en fit la confession à M. Bourgon, président de chambre à la Cour et à M. Weiss, bibliothécaire de la ville et membre de l'Institut : Mgr Besson, alors vicaire général du cardinal Mathieu et depuis lors évêque de Nîmes, a confirmé et complété ces faits.

Enfin, dans les premiers jours de mars 1898, le R.P. Abel, Jésuite de grande renommée en Autriche, dans une de ses conférences pour hommes données à Vienne à l'occasion du Carême, dit : « En 1784 (peut-être 1785), il y eut à Francfort une réunion extraordinaire de la Grande Loge Éclectique. Un des membres mit aux voix la condamnation à mort de Louis XVI et de Gustave III. Cet homme s'appelait Abel. C'était mon grand-père ». A la conférence suivante, le R.P. Abel précisa : « Mon père (d'abord franc-maçon) m'a recommandé en mourant, comme sa dernière volonté, que je m'appliquerais à réparer le mal que lui et nos parents avaient fait ».

Tout cela aurait sans doute été évité et la monarchie française aurait triomphé de ses ennemis si Louis XIV ou l'un de ses successeurs avait consacré le Royaume au Cœur Sacré de Jésus comme l'avait demandé Notre Seigneur à sainte Marguerite-Marie, à Paray-le-Monial, en 1689, c'est-à-dire cent ans avant la date que l'on considère comme le début de la Révolution française5.

Les conséquences de la Révolution française furent considérables en France et en Europe. Dieu qui, depuis treize siècles, était premier servi dans un royaume où le monarque était considéré comme son lieutenant, a été remplacé par la créature déifiée. Ce fut un bouleversement total que le pape Benoît XV a résumé en quelques lignes (A.A.S. 7 mars 1917) :
« C'est sous l'effet de la folle philosophie issue de l'hérésie des novateurs et de leur trahison que, les esprits déraisonnant en masse, éclata la Révolution, dont l'extension fut telle qu'elle ébranla les bases chrétiennes de la société, non seulement en France, mais peu à peu, dans toutes les nations. Car, une fois l'autorité de l'Eglise rejetée officiellement, en renonçant à tenir la religion pour la gardienne et la protectrice du droit, du devoir et de l'ordre dans la Cité, on émit alors l'avis que le pouvoir prenait sa source dans le peuple et non en Dieu ; que les hommes étaient tous égaux entre eux par nature comme en droit ; qu'il était laissé à chacun liberté d'agir comme il l'entendait à condition que la loi ne l'interdît pas ; que rien n'avait force de loi que le peuple n'ait ordonné ; surtout que la liberté de penser en matière religieuse ou de diffuser tout ce que chacun voulait n'était limitée par rien tant que cela ne portait tort à personne. Voilà généralement sur quoi, pour tout principe, s'appuie la politique depuis ce temps... »

1 « Qui pourrait jamais douter que ce monarque n'ait été principalement immolé en haine de la foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques » (Pie VI). Extrait du Consistoire du 11 juin 1793. Le martyre du Roi a été accompagné de persécutions contre les catholiques et de destructions d'édifices religieux et d'objets du culte.

2 Joseph de Maistre n'a pu assister à l'élimination de la maison de Habsbourg qui a eu lieu au siècle suivant.

3 Dans son ouvrage le Livre de l'Apprenti, Oswald Wirth relate la réception de Voltaire par la fameuse Loge des Neuf Sœurs. Il fut présenté par Franklin et par Cour de Gebelin.

4 Voltaire avait recommandé à d'Alembert ‘de farcir l'Encyclopédie de vérités qu'on n'aurait pas osé dire il y a vingt ans ».

5 Louis XVI procéda à cette consécration lorsqu'il était prisonnier au Temple, mais la révolution était alois accomplie. De même, on peut penser que l'expansion soviétique aurait été contenue si l'Eglise avait procédé à la consécration de la Russie au Cœur de Marie dans les formes prescrites par celle-ci (Fatima).


Extrait de : Le Plan de domination mondiale de la contre-église : L'Apostasie des nations et le gouvernement mondial par monsieur Hubert Le Caron.
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