Notre Père, qui êtes aux Cieux, que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrive, que Votre Volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel; Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé, et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.                           Je vous salue, Marie pleine de grâces, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il                          Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il
Pourquoi le mois d'octobre est-il le mois du rosaire ?
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Padre Pio - Un double anniversaire




Il y a cent ans, le 20 septembre 1918, le Padre Pio recevait les stigmates visibles en ses mains, ses pieds, son côté et son épaule. Cinquante ans plus tard, le 23 septembre 1968, il rendait sa belle âme à Dieu.

Un demi-siècle après, l'occasion nous est donnée de commémorer cette double "mort" par laquelle l'illustre capucin fut configuré au divin Maître.

(...) Nous voudrions nous attarder à un point moins connu de sa douloureuse Passion : les deux persécutions qu'il eut à subir, et qui mirent le sceau à sa sainteté. "Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. Bienheureux êtes-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux : c'est ainsi qu'ils ont persécuté les prophètes qui ont été avant vous" (Mt 5, 10-12). Cette huitième béatitude, dit saint Thomas, est le couronnement, "la confirmation et l'explication de toutes celles qui précèdent", car celui qui est pauvre, doux pacifique, aucune persécution ne peut l'éloigner de Dieu.

La première persécution

Dès sa stigmatisation, la renommée du Padre Pio s'étendit dans le pays. Les gens venaient pour baiser ses stigmates. Sa messe, où se manifestaient des phénomènes extraordinaires, attirait les foules. Enfin, son don de lire dans les âmes provoqua une affluence autour de son confessionnal. Ainsi, les pécheurs revenaient à Dieu, les bons chrétiens devenaient fervents. Le démon ne pouvait rester indifférent à ce spectacle. Il allait susciter une violente campagne de calomnies.

En effet, le clergé local, peu édifiant dans sa conduite, prit vite ombrage de ce religieux qui leur était un reproche vivant par ses vertus. En outre, ces prêtres lui reprochaient d'attirer à lui leurs propres fidèles. On répandit la rumeur que ses charismes n'étaient qu'une grossière supercherie. C'était en 1919.

En 1920, le père Gemelli, franciscain, autrefois médecin, avait souhaité voir les stigmates de son frère en saint François. Celui-ci avait reçu l'interdiction formelle de les montrer à qui que ce soit, sauf permission écrite des supérieurs ; il opposa donc un refus poli mais net son interlocuteur. Vexé de cette attitude, le père Gemelli rapporta des propos calomnieux à la Cour romaine, qui aboutirent, en juin 1922, à des mesures sévères contre le Padre Pio.

Le cardinal Merry del Val, secrétaire du Saint-Office, fit approuver par le pape Pie XI un décret enjoignant au capucin stigmatisé de célébrer désormais la messe en privé, de changer de directeur de conscience, et lui interdisant de répondre au courrier adressé par les fidèles. Cette nouvelle eut l'effet d'une bombe, au couvent. En effet, aucun de ses frères ne s'y attendait. Les supérieurs tentèrent de plaider sa cause.

Un nouveau décret, en mai 1923, vint durcir les mesures déjà prises l'année précédente. C'est pendant la récréation que la communauté l'apprit. Le Padre Pio ne manifesta aucun étonnement. Mais, une fois en cellule, en compagnie d'Emmanuele Brunatto, il éclata en sanglots. "Mon Père, dit ce dernier, vous savez combien nous vous aimons ! Notre amour doit vous réconforter." "Mais, répondit-il, tu ne comprends pas, mon fils, que je ne pleure pas sur moi. J'aurai moins de travail et plus de mérites. Je pleure sur toutes ces âmes qui sont privées de mon témoignage par ceux-là mêmes qui devraient le défendre."

Les mesures restrictives ne purent être complètement appliquées. L'opposition du peuple, y compris du maire du village, était trop forte. Dans l'Ordre capucin, et même en haut lieu, on intervint pour lever les sanctions.


Hélas, les calomnies ont la vie dure ! Ainsi, un décret du Saint- Office, en 1931, retirait au Padre Pio "toutes les facultés du ministère sacerdotal", excepté la célébration de la messe, mais en privé. " Que la volonté de Dieu soit faite", répondit l'humble religieux lorsqu'on l'en informa.
Et il se mit à pleurer. Pendant deux ans, il allait mener une vie de reclus, pour ainsi dire en prison.

Vingt-cinq ans de paix.

Enfin, le 16 juillet 1933, le Saint-Office levait toutes les interdictions. Une période de près de trente ans de paix commençait. Outre la messe quotidienne et les heures interminables passées au confessionnal, le Padre Pio allait développer deux belles œuvres : celle des groupes de prières, et un grand hôpital surtout destiné aux pauvres, la Casa Sollievo della sofferenza.

Cette dernière jouira de la bienveillance toute particulière de Pie XII. Le pape tenait le Padre Pio pour un saint, et même, un grand saint. L'humble capucin, en retour de l'affection paternelle du pape, lui fit dire qu'il s'immolait pour lui et qu'il suppliait le Seigneur de le conserver longtemps à la tête de son Église.

La deuxième persécution

Durant la première persécution, les supérieurs du Padre Pio étaient navrés des mesures prises à son encontre, et ne ménagèrent pas leurs interventions pour les faire cesser. La deuxième devait avoir cela de plus douloureux qu'elle vint, cette fois, de ceux qui tenaient auprès de lui la place de saint François.

Suite à une imprudence grave d'ordre financier, en 1959, la province capucine de Foggia (dont dépendait le couvent de San Giovanni Rotondo) s'était sérieusement endettée. Comme l'hôpital fondé par le Padre Pio recevait des dons de partout, le provincial souhaitait que ces offrandes aident à éponger la dette. Après avoir pris conseil, le Padre répondit qu'il ne le pouvait pas. En réponse, ses supérieurs lui rendirent la vie impossible, manifestant leur hostilité par nombre de vexations.

Le Saint-Office, pour tirer cela au clair, fit exécuter une visite ; celle-ci fut positive, et la Congrégation romaine prit énergiquement la défense du religieux persécuté. Cependant, le Supérieur général des capucins court-circuita cette visite, en demandant directement au pape une autre, qui fut biaisée par l'intervention de faux rapports. De nouvelles restrictions s'ensuivirent.

Cette fois, ce furent surtout des laïcs qui intervinrent pour faire cesser ces mesures. Un soir (5 mai 1963), une foule assemblée devant le couvent cria : "Dehors les persécuteurs ! Libérez Padre Pio !"
Finalement Paul VI, qui eut toujours une grande vénération pour le Padre Pio, intervint personnellement pour lui rendre la liberté. C'était le 30 janvier 1964.

La réaction du saint religieux face à cette persécution fut la prière et l'offrande de ses souffrances. Pas un mot de révolte.

Conclusion

"Le serviteur n'est pas plus grand que le maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront, vous aussi" (Jn 15,20). Le démon avait assailli une première fois Notre-Seigneur, au désert. Vaincu, "le diable se retira de lui pour un temps" (Luc 4, 13). Durant trois ans de paix relative, Jésus put accomplir sa mission d'enseignement. Mais Satan rameuta ses suppôts, ourdit une conspiration pour le faire disparaître, coopérant ainsi — contre son gré — à notre rédemption (ICo 2,8).

Ainsi, de la même façon, derrière ces deux persécutions du Padre Pio, il ne faut pas oublier l'action de Satan qui dirige les opérations. Comme lui, sachons bénir ceux qui nous font souffrir, car bien souvent c'est inconsciemment qu'ils le font, et toujours, c'est par une permission divine. Que Dieu nous donne de goûter cette sagesse de la croix, qui est notre consolation en cette vallée de larmes, et qui fera notre joie dans l'étemelle vie!


Extrait de la Lettre aux amis de saint François n°35, mai 2018.

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