Notre Père, qui êtes aux Cieux, que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrive, que Votre Volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel; Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé, et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.                           Je vous salue, Marie pleine de grâces, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il                          Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il

Les vues du Ciel sur la petite bergère de la Salette


Mélanie Calvat (1831-1904), en 1846.

Le message de la Salette est d’une actualité majeure en cette fin des temps. La Sainte Vierge y avait annoncé l’éclipse de l’Eglise et bien des événements déjà survenus et en cours de développement avec la crise romaine, qui atteint un point de chaos jamais rencontré dans toute l’histoire de l’Eglise.

Généralement, Mélanie Calvat est connue comme la petite bergère de la Salette à qui est apparue la Très Sainte Vierge Marie, le 19 septembre 1846.

Par contre, bien peu de gens connaissent son enfance et les terribles souffrances qu’elle a connues. Voici l’extrait d’un vieux livre fort intéressant de ce point de vue. On découvria que les desseins de la divine providence ne laissent rien échapper au hasard et que le Ciel prépare ses voies d’une manière qui déconcerte l’intelligence humaine.

Extrait de La vraie Mélanie de la Salette, de H. Guilhot, 1970.

« Mélanie naquit le 7 novembre 1831, à Corps, chef-lieu du canton de l’Isère. Elle était la troisième de dix enfants (dont six garçons et quatre filles).

Le père, maçon et scieur de long, originaire du même lieu, était un homme sérieux, travailleur et considéré. Sans être dévot, il avait un bon fond de christianisme, avec le louable souci de le léguer à ses enfants. Quand il était auprès d’eux, dans les intervalles de ses longues absences, il leur enseignait la crainte de Dieu, l’honnêteté et l’obéissance. Sans peut-être s’en rendre compte, il fut pour beaucoup dans l’éveil, en la petite Mélanie, du culte passionné pour le Christ en croix. Dès que son intelligence commença à s’éveiller, elle était heureuse d’entendre son père lui parler, un crucifix à la main, de Notre-Seigneur qui, malgré leur ingratitude, a aimé les hommes au point de vouloir mourir pour eux. Et — fait difficilement explicable — non seulement Mélanie aimait ce langage, simple mais bien grave pour une enfant de son âge, mais encore elle voulait y conformer sa vie à peine commençante.

Bien différente de Pierre Calvat était son épouse Julie, née Barnaud, originaire du canton de Vizille. Très gaie, suivant le portrait tracé d’elle par Mélanie, aimant les divertissements, les danses, les comédies, elle était toujours des premières à toutes les fêtes du pays.

Après avoir eu deux garçons, elle désirait vivement une fille et elle se réjouit grandement de la naissance de Mélanie. Sa joie n’allait pas tarder à se changer en déception. Elle avait pensé que sa fille ne contrarierait en rien son goût pour les distractions. C’était compter sans les réactions de Mélanie qui, à peine âgée de cinq ou six mois, manifesta une répugnance invincible à se trouver dans des soirées où il y avait des comédies et autres amusements. Elle criait et se débattait si fort qu’il fallait la ramener à la maison, au grand mécontentement de sa mère. On voulut persuader Mme Calvat que les bizarreries capricieuses de son enfant ne dureraient pas, mais le temps ne put en avoir raison. Et alors, chez Julie Calvat, l’irritation passagère fit place à un incoercible ressentiment. Résolue à briser la résistance de Mélanie, elle prit l’habitude de la maltraiter, la privant de nourriture et de soins, la laissant se coucher et se traîner par terre, passer des journées et des nuits entières sous un lit.

Nous avons déjà parlé dans notre introduction de l’extraordinaire réceptivité montrée dès sa plus tendre enfance par Mélanie à l’égard de tout ce qui touche Dieu et, plus particulièrement, le Christ souffrant.

De telles dispositions auraient réjoui une mère profondément chrétienne. Elles ne pouvaient que surprendre désagréablement et exaspérer à la longue une mère plus attachée aux futilités de ce monde qu’aux choses sérieuses de l’au-delà. Les réactions de Julie Calvat contre la piété précoce de sa fille atteignirent, de fait, un degré de violence à peine croyable. Sans doute le fallait-il pour permettre à Mélanie de faire le dur apprentissage de cette souffrance qu’elle désirait tant.

Un jour qu’elle était seule avec elle, sa mère l’emmena à un spectacle. Mélanie ne s’y comporta pas mieux que les fois précédentes ; elle cria et se démena si fort qu’il fallut la ramener à la maison. Folle de colère, sa mère la couvrit de malédictions, lui dit qu’elle la considérait comme ne faisant plus partie de la famille, qu’elle ne voulait plus être sa mère et lui interdisait de l’appeler maman. Elle lui interdit, en outre, de dire papa à son père. Quant à ses frères et sœurs, ils ne devraient plus la nommer que la Louve, la Sauvage, la Solitaire, la Muette. Pour finir, et sans accepter les caresses que Mélanie, éplorée, voulait lui faire, elle la mit dehors, en lui enjoignant de s’en aller dans les bois avec les loups et de ne plus revenir.

Ainsi chassée et accablée de chagrin, la petite Mélanie prit la direction de la forêt voisine qui lui était déjà un peu familière et vers laquelle l’appelait un mystérieux attrait.

C’est là que, par les soins de la Providence, lui était ménagé, sans qu’elle s’en doutât, un extraordinaire rendez-vous qui allait transformer son âme, essuyer ses larmes, lui rendre une famille, lui faire franchir d’un bond la distance qui sépare la terre du ciel.

Mais laissons-la nous conter elle-même ce prodigieux événement.
‘‘… Il y avait trois ou quatre jours que j’étais dans le bois sans voir ni entendre personne: ma seule occupation était la pensée de la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; souvent je fondais en larmes en pensant combien le péché déplaît à mon bon Dieu, puisqu'il avait fallu que mon Jésus versât tout son sang pour l’effacer et mettre les hommes dans le paradis. Je n’avais plus la force de marcher, je tombais et j’étais plongée dans une profonde tristesse en pensant combien on offensait mon Jésus, puis aussi de ce que, comme les autres enfants, je n’avais point de mère pour tout lui dire et pour lui demander des explications sur la vie de mon Jésus au ciel. Tout à coup, je vois venir à moi un tout petit enfant d’une grande beauté, vêtu d’un blanc brillant avec une jolie couronne sur la tête. Dès que ce petit enfant fut près de la sauvage, il lui dit :
— Bonjour, ma sœur, pourquoi pleurez-vous ? Je viens vous consoler.
— Ah ! dit alors la sauvage; mon pauvre petit, parlez bien bas, je n’aime pas le bruit. Je pleure parce que je voudrais savoir tout ce que mon Jésus a fait pour sauver le monde, pour que je fasse comme lui sans rien manquer ; puis ce que le monde a fait pour faire mourir mon Jésus-Christ ; puis je voudrais avoir une maman ; je n’ai personne. J’étais dans une maison avec une femme et des enfants ; cette femme ne me veut plus. Ah! si j’avais une maman !
— Ma sœur, dit alors le petit, dites-moi frère ; je suis votre bon frère, je veille sur vous ; nous avons une maman.
— Une maman ! une maman ! s’écria la sauvage, toujours en pleurant. Ah ! j’ai j’ai donc une maman ! Où est-elle, mon frère, pour que je coure vite la trouver ?
— Notre maman, dit le joli enfant, est partout avec ses enfants ; aimez-la bien cette bonne maman ; elle est toujours avec ceux qui se montrent ses enfants. Bientôt je vous mènerai voir notre maman.
Après cela, le jeune enfant fit connaitre à la Muette, la grandeur de Dieu, sa puissance, sa bonté, enfin toute sa vie publique et surtout sa passion. Mais lorsqu'il en était à la passion, je lui dis :
— Ah ! mon frère, ne m’en dites pas davantage ; je sais combien mon bon Dieu a souffert pour nous mettre dans le ciel. L’homme de la maison où je restais avant que la femme me mit dehors m’avait raconté tout ça et je voudrais moi-même souffrir comme mon bon Dieu. Oh ! je n’oserai jamais entrer dans le paradis si je ne souffre comme le bon Jésus. Puis mon aimable frère me dit :
— Ma sœur, fuyez le bruit du monde, aimez la retraite et le recueillement ; ayez votre cœur à la croix et la croix dans votre cœur ; que Jésus-Christ soit votre seule occupation. Aimez le silence et vous entendrez la voix du Dieu du ciel qui vous parlera au cœur ; ne formez de liaison avec personne et Dieu sera votre tout.
 Mon petit frère venait à peu près tous les jours me voir ; quelquefois il restait un jour sans venir, mais souvent il venait plusieurs fois dans le même jour. Nous conversions toujours sur la passion ou sur la vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ…
Je dois dire que mon bien-aimé frère, pendant plus de vingt ans, m’a laissé ignorer qu’il était Jésus, et que moi j’avais tout bonnement et simplement cru qu’il était mon frère, comme lui-même me l’avait assuré…’’
Combien de temps exactement Mélanie demeura-t-elle éloignée de la maison de ses parents ? Elle ne le dit pas et on peut supposer, eu égard à son âge, qu’elle ne s’en rendit pas compte. On peut admettre aussi que sa mère n’en parla à personne.

A défaut de précisions chronologiques dont on ne saurait exagérer l’importance, nous nous bornerons à mentionner, suivant le récit de Mélanie, que, grâce à l’aide mystérieuse et discrète de son petit frère, elle se retrouva, sans savoir comment, devant sa demeure paternelle. Son père, revenu entre-temps de son travail, l’aperçut et l’accueillit affectueusement. Il lui posa quelques questions auxquelles elle ne sut que répondre. Comme il voulait savoir, notamment, si elle avait mangé, elle répondit que son frère y avait pourvu et lui avait donné de bien bonnes choses. Pierre Calvat parait s’être contenté de cette réponse et n’avoir pas cherché à en percer le mystère. »


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